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Radio Royans 93 Mhz ecouter Le Direct

Plumes de brigands

Le rendez-vous littérature jeunesse

Plumes de brigands, émission littéraire sur Radio RoyansLisa bienvenu sur Radio RoyanspatriceGaelle à la technique sur Radio Royans

Présenté par Lisa Bienvenu et Patrice Gilman
Gaëlle à la technique

 
Radio Royans

 mardi 7h45 - mercredi à 10h30 -hebdomadaire-

site Plumes de brigands emission

Plumes de brigands 93

Myrmidon Myrmidon et la grotte mystérieuse

Loïc Dauvillier et Thierry Martin, éditions de la gouttière, 2016

 

"Myrmidon aux oreilles et au nez rouges enfile une peau de bête et prend une lance d’homme préhistorique. Peau de bête et lance arrivent dans la gueule d’un chien. Dans sa course qui a visiblement commencé bien avant le début du livre, le chien s’est fait alpaguer par Myrmidon. Ce tout petit bonhomme qui a bien des aventures à vivre.

Myrmidon en est à sa cinquième aventure.

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Myrmidon (vous m’excuserez, c’est tellement mignon à prononcer que je ne me lasse pas de l’écrire) est un adorable petit personnage fort attendrissant qui a une imagination absolument sans bornes et est toujours le plus fort. Un tout petit enfant, en somme... de 18 mois, 2 ans, encore avec ses couches culottes qui a le monde entier et la vie devant lui, ravi de tout et qui n’a (presque) peur de rien.

Et voilà comment sont découpées ces aventures complètement muettes : 2 cases par planche, 1 action par case, dont l’orientation dans la page change en fonction du type d’action Ces aventures en BD sont complètement muettes, pas un mot ni une lettre à l’horizon, juste le dessin, le découpage en case, le jeu avec les lignes, l’orientation dans la planche pour saisir le rythme, l’action, l’enchaînement, la narration.

C’est parfaitement adapté aux tout-petits bouts et ça déconcerte évidemment les adultes qui ont oublié comment lire des images. Vous imaginez, votre petit de 2 ans qui vous explique l’histoire ? Alors pour tout ça, c’est formidable ! Et en plus il y a des autocollants à la fin de l’album.

Par là, le site des éditions de la Gouttière qui font un merveilleux travail d’éducation à l’image !.

 

 

Lisa Bienvenu

 

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anuki Anuki

Stéphane Sénégas et Frédéric Maupomé, les éditions de la Gouttière - 2016

 

Anuki en est à sa 6 è aventure ! Anuki, c’est ce petit indien qui habite dans une BD complètement muette. Comme dans Myrmidon, pas un mot, pas une lettre, c’est "simplement" le dessin qui parle. Mais là, ça se corse, le format de la BD se rapproche de celles pour les plus grands, plus d’espace dans la planche, plus de cases, plus d’actions et d’enchaînements, ça devient vraiment compliqué !

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parfaite idée pour une narration uniquement faite d’images (si vous connaissez les films muets, pensez aux courses poursuites qui en sont de formidables ingrédients). L’enjeu est tout de même de taille parce que la course est émaillée d’embûches en tous genres, notamment celle d’une fille (argh, les filles, c’est pénible quand même) au caractère bien trempé ! Il va falloir jouer des cases pour se faire une place. S’arrêter, se dépasser, se poser, s’aider, garder la face, se perdre, faire bouger ses lignes, se retrouver.

Il y a tout ça et même davantage. Tout est absolument savoureux dans cette BD : le rythme endiablé, les arrêts sur image, les regards des personnages et les couleurs. Dans une narration faite d’images, il ne peut y avoir que l’essentiel, alors tout est sensible et palpable, au plus proche de l’émotion...

C’est un grand plaisir et en plus à la fin, il y a des autocollants. Les éditions de la Gouttière font un énorme travail sur l’éducation à l’image de manière très artistique et accessible !

 

 

Lisa Bienvenu

 

 

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Podcast de l'émission :

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Plumes de brigands 92

le gd spectacle Le grand spectacle

Claire Franek, éditions du Rouergue - septembre 2016

 

C’est l’histoire d’enfants qui jouent à concevoir un spectacle. ça commence avec une histoire d’amooouuurrr. Alors que les amoureux se regardent assez bêtement, ça tourne vite en eau de boudin, parce que tout le monde aimerait y mettre son grain de sel. Pour faire leur spectacle, Zoé, Victor, Aziza, Noahm, Camille, Raphaël et Bilal discutent, négocient, affirment, assument de grandes idées. Certaines viennent d’eux, d’autres ont dues être attrapées chez les adultes (vous ferez la différence tout seul) et semblent presque être testées auprès des copains pour voir si c’est vrai et juste ou pas.

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Les personnages sont dessinés dans des cadres, un peu comme des photos, un peu comme dans un album de famille. D’une page à l’autre, la composition est donc assez similaire, on trouve vite ses repères. Visuellement, la fantaisie est dans le trait, les regards et comportements des personnages, la typographie. Dans le texte, la petite folie est dans les dialogues : on dirait des vrais enfants en grande discussion sérieuse et le type de narration choisie, celle du théâtre, qui rappelle le vaudeville. Tout est très structuré pour donner un rythme fort, tout se déroule sur un temps court et donc irréaliste, c’est exagéré, donc forcément drôle. Ainsi progresse l’intrigante intrigue jusqu’à la fin que les enfants souhaitent heureuse et l’auteur, très ouverte... Ouverte, parce que ce spectacle, on n’en verra jamais le début, alors la fin, pensez-vous... Dans cet album linéaire en apparence, tout est perspective et profondeur : le bleu et le rouge sur fond blanc donnent la sensation d’entrer sur scène dans un univers en 3D, les arrivées (attendues) successives des personnages dans le livre rythment l’histoire et la narration, ce sont eux, les enfants qui décident de ce qui va se passer, des différentes directions à prendre. La présentation, en album de photos laisse courir en fond toute une vie de famille, des souvenirs heureux ou douloureux.Une ode au plaisir, au jeu et à la vitalité, assez incroyable !

 

Lisa Bienvenu

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Podcast émission

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Plumes de brigands 91

Si tu ne ranges pas Si tu ne ranges pas ta chambre

Ingrid Chabbert et Séverine Duchesne, éditions Frimousse, printemps 2016

 

"Louis n'écoute pas sa mère qui lui demande de ranger sa chambre. Les avertissements sont sans effet : il ne croit pas aux fourmis rouges qui sont censées envahir la pièce, ni à l'ogre Galuffe qui devrait manger ses jouets. Mais quand un grand monsieur barbu sonne à la porte en se présentant comme l'ogre Galuffe, Louis se précipite dans sa chambre pour la ranger.

 

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 HAHA, maintenant que le début de la menace est lancé, il va falloir lui trouver une chute réaliste, un chantage réalisable... presque plus compliqué que de ranger sa propre chambre de parent... Oui, parce qu’on est bien d’accord, un enfant qui ne range jamais rien et évolue dans un bazar polyvalent (ça ne veut rien dire, mais je sais que vous voyez ce que je veux dire...) c’est d’abord parce les parents ne rangent pas beaucoup... du tout, non ?

Bref, il va donc se passer un drôle d’événement totalement inattendu avec une chute toute saugrenue. D’abord, j’ai un peu ri à la lecture de ce livre, sincèrement, sans plus. Et puis je l’ai relu, regardé plus attentivement, j’ai senti une petite chose rigolote en sortir, vraiment. Et là je me suis dit "Ah c’est trop fort". Parce que tout se passe dans les silences entre le texte, très réduit et les images, les jeux de regards entre Louis et sa mère. C’est rempli de coquinerie et de taquinerie, tout le monde en prend pour son grade : les enfants et les parents.

 

 

Lisa Bienvenu

 

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Bonne nuit Bonne nuit tout le monde

Chris Haughton, éditionsThierry Magnier automne 2016

 

Dans ce livre, c’est doucement et naturellement que le petit ours qui n’a absolument pas sommeil pour un sou, va finalement se coucher et s’endormir.Pourquoi ? Tout le monde dort...

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Peut-être parce que dans le ciel, on voit la petite et la grande ourse ensemble, tendrement côte à côte ? Et quand on les voit, c’est parce qu’il fait nuit, naturellement. Alors c’est l’heure de dormir. Sur les pages de garde on voit le ciel de l’hémisphère sud et celui de l’hémisphère nord, la Terre, La Lune, le Soleil et les planètes du système solaire.

C’est un enchantement. Dès l’ouverture du livre, on sent qu’on fait partie d’un tout qui tourne, naturellement et inexorablement. Alors rien ne sert de lutter. Ce livre, l’auteur, Chris Haughton le dédie à sa sœur, enseignante Montessori. Alors je ne connais très bien la méthode, la "philosophie" Montessori.

Mais ce que je vois dans cet album, dans le texte et la forme du livre (des rabats qui grandissent, comme une couverture, les pages de garde), c’est un accompagnement vers la nuit, simplement parce que c’est l’heure et que tout le monde dort. La nuit va recouvrir tout le monde, comme une grande couverture douce et chaude. Le texte commence par dire que "le soleil se couche et tout le monde a sommeil" et on le voit dans les images : on devine la douce chaleur du crépuscule, enveloppante.

Aujourd’hui, les animaux diurnes se couchent avec le soleil, presque comme les hommes, avant l’électricité. On vivait selon le rythme cicardien, en harmonie avec la nature. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui avec nos rythmes centrés sur le travail et l’économie... voilà pourquoi c’est compliqué de mettre nos petits enfants au lit peut-être ? Oui, pensée un peu raccourcie... Alors je dirais que ce bel album est une invitation au bon sens et à se faire confiance...

 

 

Lisa Bienvenu

 

 

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Podcast de l'émission :

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Plumes de brigands 90

naya Naya ou la messagère de la nuit

Philippe Lechermeier, Claire de Gastold. Editions Thierry Magnier, septembre 2016

 

Naya sculpte, Naya écoute et pressent l’avenir. Naya rassure, Naya apporte la bonne parole et délivre aussi de mauvaises nouvelles. Naya ne peut pas changer l’avenir, ce sont les hommes et les femmes ensemble qui le peuvent. Le son de cette histoire parcourt l’échine longtemps après qu’on l’ait lue.

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A entendre juste le titre et lire le résumé de la quatrième de couverture, on s’envolerait dans une histoire de l’Afrique : une sorte de conte de sagesse. La luxuriance de la forêt sur la couverture nous emmènerait plutôt dans la forêt amazonienne... ceci dit, ce n’est pas dans cette forêt que vivent les dernières tribus indigènes qui se préservent de la colonisation du monde civilisé en restant fidèle à leurs principes de vie ? Les images et surtout le grain, les couleurs, l’impression sur le papier rappellent le Pop art. [1] Ce qui caractérise profondément ce mouvement, c’est l’interrogation sur la société de consommation, le rôle qu’elle peut avoir dans nos choix de vie. Alors certes, l’illustratrice, Claire de Gastold a fait un choix esthétique, graphique, qui donne une ambiance particulière, moderne à ce conte de sagesse qui semble issu des profondeurs de la terre. Mais ce choix esthétique a aussi du sens dans ce que l’histoire raconte. Quel mystérieux mystère... isnt’it ? Le texte de Philippe Lechermeier a des sonorités à la fois anciennes et très modernes. Le rythme, les répétitions permettent au récit de s’installer dans le temps, on patiente, l’histoire doit se dérouler tranquillement. Le quotidien est là, immuable. Jusqu’à ce que le malheur arrive dans l’histoire, signifié par des ruptures dans le texte, la langue accroche, alors on prend son temps pour saisir le rythme de l’histoire...

On sent qu’on est dans une histoire moderne, un conte d’actualité.

Et puis à l’occasion, penchez-vous sur les yeux et le regard des personnages !

 

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 89

sous les étoiles Sous les étoiles

Martine Perrin, éditions Les grandes personnes, 2016

 

"Sous les étoiles... il y a toute la vie... de jour comme de nuit ! On se promène tranquillement "au gré du vent" alors si c’est le vent qui nous pousse, on ne sait jamais quel chemin on va prendre ni ce qu’on va rencontrer. C’est toujours un petit détail qui nous mène d’une page à l’autre : une forme ou une couleur.

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Cet objet sobre et élégant est l’aboutissement d’une réflexion esthétique. Je m’explique : C’est un livre au carton tout doux, aux bords arrondis, donc absolument parfait pour les tout petits. Il s’ouvre, comme on décachette une enveloppe contenant un message de la plus haute importance, rare et précieux. (Non, pas une déclaration de guerre, on n’est pas dans Game of Thrones... oups, je m’égare...) On passe d’une page à l’autre en suivant "le vent", comme nous le propose le texte. On est dans la nature, on suit son instinct.

Pour incarner son propos, l’auteur guide notre regard, jamais tout à fait de la même manière. Il y a bien toujours un lien visuel (forme, couleur) mais aussi un rapport sensitif, émotionnel ou fondamental entre les éléments d’une page à l’autre. C’est bien subtil ! Le cœur du livre est un rond, comme la terre, comme un cocon, comme un ventre...

Les éditions Les Grandes Personnes, s’amusent avec leur logo : sur la couverture, il reprend malicieusement un détail du livre entre les parenthèses qui les identifient. Sur le dos du livre, on retrouve leur nom. Souci du détail, plaisir du jeu visuel, clin d’œil, complicité, appel à l’intelligence du petit lecteur qui repère ces particularités. C’est tellement important !

 

Lisa Bienvenu

 

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la princesse flore et son poney La princesse Flore et son poney

Philippe UG, éditions Les grandes personnes,- 2016

 

Il était une fois la princesse Flore, une princesse absolument pas d’accord avec le dragon qui brûle tout dans la région. Alors, plutôt que d’attendre qu’on le fasse à sa place, elle part pour combattre l’ennemi afin que tout redevienne joli.

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A envisager sous deux angles différents, pas pareils et très complémentaires : une beauté bluffante et un sens évident de l’absurde. Philippe UG fait des livres POP-UP, vous savez, ces livres desquels les images sortent selon une ingénierie épatante. Et là, merveille des merveilles, c’est fin, délicat et solide en même temps. Pour avoir entendu l’auteur parler de son métier, qu’il pratique depuis de longues années (paix à son âge), il souhaite que les enfants puissent toucher et manipuler justement parce que c’est beau. Il a également le souci du récit qui progresse selon certains éléments avec tout autour, des dessins décoratifs mais qui servent aussi le propos de l’histoire (pensez un peu aux motifs des tapisseries moyen-âgeuses...). Et puis cette histoire dans sa manière d’être écrite m’a terriblement fait penser à l’univers des Monty Python, pour son rapport au Moyen-Age, au conte et à ses principes racontés de manière absurde et burlesque.

Et puis, cerise sur le gâteau : Philippe UG joue avec les éléments du conte (la princesse, le dragon, le château...), les lecteurs les connaissant bien aussi, l’imagination peut partir en galopant (à dos de poney) et dans ce livre-là, elle galope doublement puisqu’elle sort aussi physiquement du livre.

C’est beau, drôle, magique et intelligent, franchement ça fait beaucoup de bien !

 

Lisa Bienvenu

 

 

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Plumes de brigands 88

les yeux fermés Les yeux fermés

Géraldine Alibeu, éditions Acte sud junior - octobre 2015

 

Anaïs, Ornella, Medy, Léo ou Moustapha ont tous les yeux fermés, mais ils ne dorment absolument pas. Ils pensent et sentent, se font leur monde entre leurs deux oreilles. "Fanny s’est réfugiée derrière ses paupières. Cache-cache est son jeu préféré. Les yeux fermés, elle sait que ça marche à tous les coups." C’est le texte qui accompagne la dernière image du livre qui représente une toute petite fillette, les yeux fermés, son doudou dans les bras, bien cachée près de la plante, en plein milieu du salon... à l’abri du regard des autres. ça veut dire beaucoup, cette image...

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Les illustrations sont faites de différents tissus cousus entre eux : trouver le bon tissu, le découper de la bonne forme, coudre et puis scanner, retravailler les couleurs à l’ordinateur peut-être... les matières choisies sont douces et rondes, chaleureuses. Le tissus habille, masque, protège, camoufle... le tissu rassure.

Géraldine Alibeu raconte de tout petits instants qui sont de grands moments de la vie de ces personnages : des enfants, des adultes, des animaux qui ressentent le besoin de fermer les yeux pour faire quelque chose, pour mieux voir à l’intérieur de soi. On ne sait rien d’autre d’eux, on peut absolument tout imaginer, à partir de cet instant de vie intime que l’auteur nous confie. Pas de récit narratif, juste une concentration précise.

"Ouvrir les yeux sur le monde", "garder un oeil ouvert", "avoir les yeux grands ouverts", "ouvrir l’oeil", "voir le monde en grand"... Les expressions sur "les yeux" sont résolument tournées vers le monde extérieur auquel il faut s’ouvrir, presque comme une injonction.

Rares sont les livres, les histoires, les dessins qui représentent des personnages aux yeux fermés. Comme s’il ne pouvait rien se passer quand nos yeux sont fermés... Ce livre raconte par le dessin et le texte, la vie intérieure, nécessaire pour pouvoir être et être au monde. Le raconter de cette manière aux enfants est magique. C’est leur dire que la vie intérieure,intime, existe./span>

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 87

Martha était là Martha était là

Atak, éditions Les fourmis rouges, mai 2016

 

Martha est la dernière tourterelle voyageuse. Porte-parole de son espèce, elle raconte sa disparition. Elle dit avec une grande candeur l’admiration qu’elle a suscitée chez l’Homme et le changement de regard qu’il a porté sur elle, simplement parce qu’elle le gênait pour sa propre évolution, alors il l’a éradiquée.

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...le mouvement, la succession des images dans les pages, le point de vue adopté par l’auteur, les références artistiques, scientifiques ou historiques qu’on voit ou qu’on perçoit dans le livre nous procurent un sentiment d’étrangeté. Tout est clair et flou en même temps, on hésite entre admiration et malaise dans l’univers si singulier de cet artiste.

Atak a véritablement mis son art au service de cette triste histoire qui nous place face à nos contradictions les plus profondes, nous pousse dans nos retranchements.On admire la nature, mais notre mode de vie d’aujourd’hui est le résultat de la Révolution Industrielle, celle qui a tant fait pour le confort matériel de l’Homme et tant défait la Nature.

D’un côté, des images suggèrent calme, bonheur et harmonie. D’autres images évoquent le bruit, le désordre, la multitude, la souffrance. Entre les deux, il y a le récit de Martha qui s’adresse directement au lecteur et qui est paradoxalement apaisant. La violence du propos n’est pas amoindrie pour autant, mais avec ce procédé, on prend du recul, on a ainsi la possibilité de réfléchir : doit -on massacrer une espèce au nom de l’"évolution" de l’Homme ?

Ce livre est un véritable casse-tête, un chef d’oeuvre, une merveille qui dérange parce qu’elle pose sacrément question, sans réponse, mais sans concession non plus.

C’est une histoire vraie.

De plus en plus en littérature jeunesse, on voit des livres d’artistes qui proposent une véritable et profonde réflexion sur l’état du monde. Sans moralisme mais sans concession non plus.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 86

heu reux Heu-reux!

Christian Voltz, éditions du Rouergue, mars 2016

 

Raconte l’histoire de Grobull, taureau-tyran, roi des pâturages, qui doit marier son fils unique : le Prince Jean-Georges. Des prétendantes toutes plus belles les unes que les autres défilent devant le Prince, rien n’y fait, elles sont toutes renvoyées dans leurs pénates. C’est si contrariant pour le taureau-tyran qu’il finit par tout accepter à force d’avoir tout essayé : il se doit de répondre à l’injonction faite à son fils d’être Heu-reux ! Il a en fait été pris à son propre piège… Pour le plus grand bonheur final de son descendant !

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...toujours, entre profondeur et légèreté, la preuve. Un taureau-tyran, c’est fort et impressionnant, un taureau va droit au but, il fonce, sans trop de sensibilité et d’attention à l’entourage. Dans cette histoire, Grobull, le roi est finalement extrêmement touchant, il est peut-être contraint et forcé d’accepter son fils tel qu’il est, mais, au nom du bonheur qu’il veut pour son fils, il a transformé son regard. Vision de la vie plutôt optimiste !

Autres ouvrages aux éditions du Rouergue parus récemment :

buffalo belle Buffalo Belle, Olivier Douzou, mars 2016  je suis qui je suis Je suis qui je suis, Catherine Grive, mars 2016

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 85

santa fruta Santa fruta

Delphine Perret et Sébastien Mourrain, éditions les fourmis rouges, 2016

 

Tout le monde est contrarié dans cette histoire, rien ne se passe comme « ça devrait ». C’est « l’histoire d’un cactus et d’un chat ». Un cactus planté, sans bouger évidemment au milieu d’une contrée désertique qui réussit à piquer sans le faire exprès.

Les gens s’approchent trop, ce n’est quand même pas de sa faute ! Un chat qui vit dans une ville très habitée, avec deux maîtres fort occupés, qui voyagent beaucoup, s’occupent énormément de lui et aimeraient bien pouvoir le papouiller un peu plus.

Un cactus qui aimerait bien voyager. Un chat qui aimerait bien qu’on le laisse tranquille. Jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose de bien dans leur vie, à chacun.

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U n peu sauvage, il nous fait de l’œil, il pique un peu, on se demande où il nous emmène et quand on trouve, on est séduit. Ce livre-là s’apprivoise et s’adopte. Il est conçu dans ce sens : choix et traitement des personnages (un chat pas sympa et un cactus), couleurs pâles, froides (bleu métallique et beige orangé), écriture découpée et ironique qui installe de la distance, un trait, des dessins drôles mais tout en retenue, beaucoup de blanc et une mise en page qui balade le regard de manière aléatoire.

Et puis il y a les détails, l’attention portée à l’observation du livre, à l’observation de l’autre : l’humour, la tendresse et la complicité s’installent alors. 

C’est un livre qui dit de bout en bout d’aller un peu plus souvent à l’envers du monde et un peu plus selon son vrai goût, tranquillement, car c’est là qu’on fait les meilleures rencontres.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 84

super lion Super lion

Philippe Jalbert, éditions Gautier Languereau, 2016

 

"Qu'est ce qui est jaune et qui pèse 400 kilos?... Un canari... Mais un gros..."

"Qu'est-ce qui est vert et qui pousse au fond du jardin? Un extraterrestre qui fait caca!"

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Sous son air bougon et surtout très méchant (un lion ça fait peur, on est d'accord), Super Lion fait rire aux éclats. Les petits et les grands, parce que, là aussi on est d'accord, un petit enfant qui rit aux éclats, ça fait forcément rire les adultes. Subtilité de l'absurdité : l'adulte rit aussi parce que le principe du livre rappelle les toutes premières blagues des cours de récré, celles qui faisaient rire ensemble ou celles pour lesquelles on pouvait ressentir un grand moment de solitude, parce qu'elles sont parfois incomprises.

Avant d'être racontées en cour de récré, ces blagues-là (isolées ou à tiroir) sont transmises en famille, à table, à l'heure de l'apéro. L'absurdité, c'est surprenant, on n'y est pas toujours bien prêt, on cherche à comprendre ou à expliquer... comble de l'humour, c'est totalement impossible. Humour, transmission culturelle, complicité, formation de l'esprit... voilà aussi ce que peut-être "Un livre à TROUS et à devinettes."

C’est écrit sur la quatrième de couv. Un mot du format : c'est bien un livre pour les tout-petits, les bords sont arrondis et les pages rigides. Vous pouvez y aller. Dedans, il y a des trous par lesquels glisser un tout petit doigt. Existe aussi dans la même collection Super Lion et les couleurs.

 

Lisa Bienvenu

 

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au panier Au panier!

Henri Meunier et Nathalie Choux, éditions du Rouergue, 2016

 

Première double page : un parc, avec tout ce qu’il doit y avoir dans un parc. Au milieu de la page de droite, il y a, assise sur un banc, une dame noire très souriante, qui tricote. Elle a un boubou sur la tête. On ne voit qu'elle, rayonnante, sur la belle page du livre. La belle page du livre, c'est celle qui est le mieux perçue par le lecteur, c'est-à-dire celle que l’on voit en premier, vous verrez que pour la suite, ça a son importance. Le noir de sa peau ressort à merveille car les couleurs de la page sont volontairement pâles.

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...la dame noire avec son boubou sur la tête bascule sur la page de gauche, elle ne sourit plus car sur la page de droite, arrive un panier à salade tout noir. Suspens…. On tourne encore : sur la page de droite, le regard se pose sur un tout petit militaire au nez immense, court sur patte. Vous m'suivez?

Et juste après, c'est la confrontation : ils sont tous les deux réunis sur la page de droite..."Contrôle d'identité, papiers s'il vous plaît!" Que va-t-il se passer? Vous vous en doutez?

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 83

la lumiere allumee La lumière allumée

Richard Marnier et Aude Maurel, éditions Frimousse, 2015

 

Tout va bien dans cette ville, tout est parfait, bien aligné, tout est bien à sa place. Le matin, il fait jour, les gens se réveillent, la nuit, il fait noir, tout le monde dort. Mais une nuit, quelqu’un dans cette ville laisse sa lumière allumée. Pas normal... non, on s’interroge, on jase évidemment. Et puis un jour, pas par miracle, mais tout doucement, tranquillement, la ville n’est plus très alignée, le cadre de vie a changé.

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 Sur la couverture, une typographie en forme de pictogramme sur un fond bleu nuit, des maisons bien alignées, toutes pareilles, bien fermées, c’est sombre mais chaleureux. Le bleu est lumineux, la très jolie maisonnette centrale est composite : matériaux différents, pays et cultures différents. Cette petite cabane diffuse une incroyable lumière !

C’est mystérieux.

A l’intérieur les maisonnettes sont toutes pareilles, elles sont faites avec des legos, des briquettes rouges... des petits éléments dont les enfants se servent pour construire leurs univers de jeu. Elles semblent rigides, mais tout est interchangeable, facilement, il suffit simplement de prendre un autre élément, d’une autre boîte de jeu, ou d’aller chercher un brin d’herbe dans le jardin, un bonbon dans le salon et petit à petit, tout change. ça devient charmant de se construire un univers de jeu différent et puis, à plusieurs, on y arrive mieux, on peut avoir des idées encore plus folles, faire des réalisations encore plus audacieuses.

Je ne dis rien des doubles pages qui s’ouvrent, comme une grande fenêtre, vers la fin du livre, de jour et de nuit sur lesquelles on peut s’arrêter longtemps. C’est un livre extrêmement malin qui joue avec l’univers simple et sans limite des jeux d’enfance pour nous raconter une histoire de tolérance et de patience.

Et puis, la symbolique de la maison et de la lumière est très forte et universelle.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 82

émlie range ses livres Emile range ses livres

Vincent Cuvellier et Ronan Badel, Gallimard jeunesse, Giboulées, 2016

 

J’ai déjà lu, il y a quelques temps, une histoire d’Emile. Chronique 76.

On reparle d’Emile aujourd’hui parce qu’on l’aime (en général, les personnages (et aussi les humains) pleins de défauts sont toujours très attendrissants, y compris les enfants) et puis Emile est drôle, très franchement drôle. Alors c’est l’occasion de parler d’HUMOUR. Ce truc qui fait parfois rire beaucoup mais surtout sourire profondémment….

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  hors cadre Des journalistes, libraires, formateurs, artistes ont écrit des articles sur une manière dont l’humour peut jaillir, une façon de « faire de l’humour », basée sur des formes de décalages… l’humour c’est très compliqué à expliquer, ici, ces chercheurs montrent, plus qu’ils n’expliquent, pour laisser le cerveau du lecteur continuer la pensée et comprendre tout seul. C’est une revue pointue, les articles ne sont pas très longs, ils sont « bref, précis, concis », la pensée des chercheurs est ramassée et donc très claire.

C’est passionnant et très beau à l’intérieur. On peut recevoir cette revue en s’abonnant sur le site des éditions de l’atelier du poisson soluble ou la commander en librairie. Elle existe depuis 2007 et c’est Sophie Van der Linden la rédactrice en chef.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 81

sans ailes Sans ailes

Thomas Sotto et Csil, éditions A pas de loups, 2016

 

C’est l’histoire d’un tout petit bonhomme, en fait ce serait un super-héro, très protégé, indestructible, sûr de lui, tellement sûr de lui qu’il traverse la vie avec un immense sourire et les yeux fermés. Il est né sous trois bonnes étoiles qui le suivent de tout près.

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  Et alors, la vie devient plus tourmentée pour ce tout petit bonhomme. Il cherche, appelle, il semble être complètement perdu à l’intérieur de lui-même… il ne sait plus où il habite, simplement… to be continued… Voilà le début d’histoire que j’ai lu juste en regardant les images. Après, j’ai lu le texte et compris les subtilités qui unissent dans ce livre les mots extrêmement doux, propices à la rêverie et à l’invention d’une histoire à soi aux images qui sèment le doute tout en étant apaisantes et « structurantes ». Csil dessine des maisons, des arbres, des étoiles, une montagne, des nuages : toutes choses qui donnent des repères dans la vie. Alors on peut laisser son esprit vagabonder, inventer mille histoires différentes, se laisser surprendre, rester un peu fragile, pour être à l’écoute. Autour de nous, on trouvera toujours de quoi se rassurer. Quand je pense à sans ailes, je pense aussi à la patience.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 80

Le livre de la jungle Le livre de la jungle

Véronique Ovaldé - Laurent Moreau- éditions Gallimard jeunesse - Giboulées- 2016

 

Un jour, le clan des loups recueille Mowgli, un petit d'homme abandonné au coeur de la jungle. L'enfant grandit en imitant sa famille sauvage et ses amis Baloo l'ours, Bagheera la panthère et Kaa le python. Il apprend à courir, nager, mordre et grimper. Mais menacé par Shere Khan, le tigre qui a juré de le dévorer, il est forcé de retourner dans le village des hommes. Parmi eux, il doit tout réapprendre en se méfiant de leur convoitise et de leur bêtise. Tuer son ennemi juré, s'emparer d'un trésor maudit, se réfugier dans la jungle, tel sera le destin mouvementé de Mowgli, mi-homme, mi-loup.

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 Le livre de la jungle

 Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 79

as tu vu mon dragon As-tu vu mon dragon?

Steve Light - éditions Gauthier Languereau  _ 2015

 

Sur la couverture, le vert du titre et du dragon sont brillants, sur du dessin noir et blanc. Le petit garçon est lui aussi un tout petit peu coloré. Il ne brille pas et semble bien minuscule dans cette ville.

Et très embêté aussi : pas très courant d’avoir un dragon, alors s’il le perd...
Ce livre est une promenade dans des univers très différents, pas tout à fait réalistes. Mais on aide un petit garçon à chercher son dragon, rappelons-nous. Et c’est tout !

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Ah oui, je suis une fille, j’aime les « trucs qui brillent » ? Mais c’est une histoire de dragon et de garçon... je m’égare, pardon.

C’est le côté « illustration à l’américaine » qui est séduisant par son dynamisme, son énergie. On pense aux dessins animés produits par Hanna-Barbera, dans les années 60... Tom et Jerry, Scoubidou, les fous du volant, Capitaine Caverne, les Pierrafeu... et alors même s’il n’y a pas vraiment de gags dans ces dessins (c’est d’ailleurs dommage) on se plaît à en imaginer, parce que ce sont des univers graphiques qui les appellent. On pourrait parler de style urbain, dans le trait, la perspective, le foisonnement. Et puis on pense aussi à Mo Willems (le pigeon, Guili Lapin aux éditions Kaléidoscope...)

Le texte est une adresse à la jeune lectrice (ou au lecteur), une invitation que le petit garçon lance à travers le livre, comme si le livre était simplement un passage entre un monde et un autre.Allez, on a aussi envie de colorier ce livre parce qu’il est presque tout en noir et blanc.C’est quand même très étrange de parler d’illustration à l’américaine, de sentir que ce n’est pas un dessin français. Question de culture, certainement, dès la plus tendre enfance...

Plus récent que ce titre, mais sur le même principe : As-tu vu mon monstre? sorti en 2016

 Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 78

quils y restent Qu'ils y restent

Regis Lejonc, Riff Reb's et Pascal Mériaux - éditions de la gouttière - 2016-

 

Ils sont quatre : un loup, un ogre, un vampire et un sorcier, quatre maléfiques et fantastiques créatures au cœur de cette bande dessinée. Tous sont liés à un point cardinal, symbole de leur despotisme dans le monde qu’ils occupent : le loup est le maître du Nord, l’ogre domine l’Ouest, le vampire règne sur l’Est et le sorcier ensorcelle les terres du Sud. Mais les règnes, même les plus terribles, ont tous une fin, n’est-ce pas 

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 quils y restent

Personnages de contes bien connus de notre enfance à tous et qui inspirent la terreur, arrivent en bout de course. Plus RIEN NULLE PART ne peut les nourrir. Ils en deviennent ridicules et dépérissent. C’est TERRIBLE pour eux, mais aussi pour les lecteurs.

4 portraits horriblement drôles se succèdent dans cet album-BD pour enfants et adultes.Le dernier acte est extrêmement surprenant, on ne sait pas si doit rire ou pleurer.

Dans les contes, il y a toujours le niveau premier de l’histoire qui inspire souvent la peur, la fascination, l’envie, le désir... des émotions et sentiments assez primaires. Et puis il y a un deuxième niveau, plus philosophique, réflexion sur le monde et sur soi.

On y est. Et on dirait bien que nos points cardinaux se mélangent les pinceaux !ça fiche la trouille tout ça et à bien des niveaux.

Alors mieux vaut en rire, ça rend plus léger !

 Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 77

le cube rouge Amos et le cube rouge

Janik Coat et Bernard Duisit - éditions Hélium

 

Un POP UP ! Rien que le mot émoustille les pupilles !

Et là, en plus de l’ingénierie papier (réalisée par Bernard Duisit) qui ravit toujours les yeux, la tête nous tourne et on tourne autour du livre. Comme dans un manège. En un peu moins vite pour prendre le temps de regarder.
Bon. C’est le matin dans forêt, les animaux se réveillent et découvrent un cube rouge.

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Parce qu’il n’y a pas que pour les animaux que le cube est fermé, évidemment.

Au fil de la journée, en même temps que les animaux viennent s’abreuver dans la marre, ils découvrent le cube rouge alors chacun y va de son observation. Des observations en toutes petites touches qui suggèrent des idées, donnent des ambiances, évoquent des odeurs, des sons.

Au fil de la journée, la nature se réveille aussi, avec des bruits et de l’agitation, parfaitement perceptibles et sensibles.Et à la fin... non, je ne dis jamais les fins, vous le savez bien !

Les dessins de Janik Coat sont très stylisés, fluides, élégants. On a à la fois la sensation que tout est fixe mais on sent le mouvement des animaux, du plus petit au plus grand. C’est toujours étonnant cette impression dans les images de Janik Coat. Les couleurs utilisées sont celles de la forêt : des teintes sombres mais lumineuses, comme si un rayon de soleil filtrait à travers les feuilles, alors, le cube rouge n’en est que plus attirant.

Si vous n’avez jamais regardé un pop-up, vous aurez le bonheur de pouvoir découvrir ce que c’est avec ce livre. Et puis, regarder les yeux des gens regarder un pop-up, c’est complètement magique !

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 76

la danse de boxe Emile et la danse de boxe

 Vincent Cuvellier et Ronan Badel - éditions Gallimard jeunesse - Giboulées

 

Emile doit faire l’activité. Parce que c’est bien, parce que maman l’a dit. Lui n’a pas l’air franchement convaincu. Il doit lire un papier sur lequel il y a des propositions. Mais rien qui intéresse Emile. Lui il voudrait faire de la danse de boxe. Alors sa mère l’inscrit à la danse : elle a bien tenté de l’en dissuader, à la danse il n’y aura que des filles. Et alors, hein ?

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C’est drôle et ça va bien ensemble.
Et puis, dans le livre, Emile est au centre de la page, la mine toujours boudeuse (quand il n’a pas son legging sur la tête), dénuée de toute forme d’expression. Il évolue dans une remarquable sobriété, très peu d’éléments de décor autour de lui.Alors nos yeux sont bien concentrés sur la vie intérieure d’Emile : entre ce que sa mère lui dit, ce qu’il pense et ce qu’on imagine qu’il pense... à moins qu’Emile ne parle de lui comme Alain Delon fait de lui-même : à la troisième personne, l’air distant et détaché, sûr de lui. Et ça contraste sacrément avec la trombine et les préoccupations quotidiennes d’Emile.

Bon, à force de vivre des aventures, Emile a dû ressentir le besoin de les rassembler, afin de mieux les transmettre. Emile range ses livres : ça va bientôt être l’occasion de vous en dire un peu plus sur ce petit garçon, qui a tout du vrai... et ça marche aussi pour les filles.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 75

un jour deus ours Un jour, deux ours

Ghislaine Roman et Antoine Guilloppé - éditions Gautier-Languereau - 2015

 

« C’était l’hiver des grands brouillards,
Les matins ressemblaient aux soirs »

Quand on ouvre le livre, on devine que le fin trait blanc qui traverse la double-page est la banquise, sur laquelle un ours est assis. Un deuxième vient ensuite à sa rencontre. Nos yeux de lecteurs sont comme deux phares éclairant deux ours blancs dans le brouillard. Ces deux-là jouent, pêchent, dansent. Ils sont heureux parce qu’ils sont deux. La nuit venue, ils se perdent puis se retrouvent au petit matin, dans la lumière. Et là, nos yeux et notre cœur de lecteur sont bien surpris !

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 ...qui vient titiller notre imagination et notre sensibilité : elle dévoile des traits de caractères des ours ou vient illustrer une image en y apportant sa fantaisie.

Les images d’Antoine Guilloppé sont essentielles, ce qu’elles disent en jouant avec le noir et blanc ou les couleurs, les formes, que ce soit un simple trait tout droit, un cercle, le dos rond des ours qui se font face est beau et fort.

Antoine Guilloppé sait raconter des histoires sans aucun texte, ou avec le strict minimum, qu’il écrit, la plupart du temps. Ses images sont très parlantes, narratives et il sait entretenir le suspense en prenant en compte la matérialité de l’album. Alors c’est là qu’on sent à quel point les mots de Ghislaine Roman ont leur importance pour apporter un éclairage un peu différent à l’histoire racontée par les images.

C’est un fort joli livre qui parle d’amours et d’amitiés sous toutes leurs formes. Il « fonctionne » bien parce que les auteurs, l’éditeur ont vraiment travaillé ensemble, dans l’écoute. Et je pense sincèrement que ce sont de petites choses que l’on parvient à percevoir quand on lit et qu’on touche le livre.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 74

la belle et le fuseau La belle et le fuseau

Neil Gaiman et Chris Riddell, Albin Michel

 

Sur la couverture, la Belle endormie est belle, oui. C’est Chris Riddell qui l’a dessinée : ses longs cheveux reposent autour d’elle, sa robe est magnifiquement drapée tout autour de son corps qu'on devine sensuel. On pressent une poitrine  opulente et confortable qui se soulève lentement au rythme de la respiration. Les yeux sont doucement fermés, bouche entrouverte, laissant apparaître un minuscule trou dans la dentition. C’est Chris Riddell : entre grande beauté, précision, virtuosité du trait et petits détails, discrets, mais suffisamment visibles pour se dire que tout n’est pas tout à fait comme on pourrait s’y attendre. 

Sur la quatrième de couverture, un crâne.

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...sorte de calque assez épais sur lequel sont dessinées des ronces, des roses, des épines. C’est noir et doré.

Et le fuseau pend, comme une goutte de sang.

Le ton est donné, juste avec la couverture : fascination et peur, confort et inconfort. C’est très surprenant. Et quelque part, les dessins ont un côté vraiment drôle, malicieux.

Neil Gaiman et Chris Riddell sont deux auteurs très érudits en littérature, mythes, légendes, culture populaire, tout ce qui lie les humains mais dont on n’a pas toujours conscience. Et quelque part, ce n’est pas très important, de ne pas savoir, parce qu’on sent, parce que ça fait partie de nous, de notre histoire, de l’humanité. Ils utilisent ces codes à la perfection et peuvent ainsi les détourner, quand c’est nécessaire, pour servir leurs histoires et leur donner une sacrée profondeur qui résonne avec notre temps contemporain, voire avec l’actualité.

Et à lire un peu Neil Gaiman, dans ses livres et ses interview, on devine que c’est un homme qui lutte contre toute forme de discrimination. Son meilleur moyen, c’est la littérature... et sans aucun moralisme.

L’histoire et la lecture du texte sont parfaitement adaptées aux enfants, à partir 9/10 ans. Et c’est rempli d’humours, sous bien des formes. C’est un livre qui se découvre vraiment, dont on ne peut parler qu’en tournant autour.

Lisa Bienvenu

 

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