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Radio Royans 93 Mhz ecouter Le Direct

Plumes de brigands

Le rendez-vous littérature jeunesse

Plumes de brigands, émission littéraire sur Radio RoyansLisa bienvenu sur Radio RoyanspatriceGaelle à la technique sur Radio Royans

Présenté par Lisa Bienvenu et Patrice Gilman
Gaëlle à la technique

 
Radio Royans

 mardi 7h45 - mercredi à 10h30 -hebdomadaire-

site Plumes de brigands emission

Plumes de brigands 78

quils y restent Qu'ils y restent

Regis Lejonc, Riff Reb's et Pascal Mériaux - éditions de la gouttière - 2016-

 

Ils sont quatre : un loup, un ogre, un vampire et un sorcier, quatre maléfiques et fantastiques créatures au cœur de cette bande dessinée. Tous sont liés à un point cardinal, symbole de leur despotisme dans le monde qu’ils occupent : le loup est le maître du Nord, l’ogre domine l’Ouest, le vampire règne sur l’Est et le sorcier ensorcelle les terres du Sud. Mais les règnes, même les plus terribles, ont tous une fin, n’est-ce pas 

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 quils y restent

Personnages de contes bien connus de notre enfance à tous et qui inspirent la terreur, arrivent en bout de course. Plus RIEN NULLE PART ne peut les nourrir. Ils en deviennent ridicules et dépérissent. C’est TERRIBLE pour eux, mais aussi pour les lecteurs.

4 portraits horriblement drôles se succèdent dans cet album-BD pour enfants et adultes.Le dernier acte est extrêmement surprenant, on ne sait pas si doit rire ou pleurer.

Dans les contes, il y a toujours le niveau premier de l’histoire qui inspire souvent la peur, la fascination, l’envie, le désir... des émotions et sentiments assez primaires. Et puis il y a un deuxième niveau, plus philosophique, réflexion sur le monde et sur soi.

On y est. Et on dirait bien que nos points cardinaux se mélangent les pinceaux !ça fiche la trouille tout ça et à bien des niveaux.

Alors mieux vaut en rire, ça rend plus léger !

 Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 77

le cube rouge Amos et le cube rouge

Janik Coat et Bernard Duisit - éditions Hélium

 

Un POP UP ! Rien que le mot émoustille les pupilles !

Et là, en plus de l’ingénierie papier (réalisée par Bernard Duisit) qui ravit toujours les yeux, la tête nous tourne et on tourne autour du livre. Comme dans un manège. En un peu moins vite pour prendre le temps de regarder.
Bon. C’est le matin dans forêt, les animaux se réveillent et découvrent un cube rouge.

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Parce qu’il n’y a pas que pour les animaux que le cube est fermé, évidemment.

Au fil de la journée, en même temps que les animaux viennent s’abreuver dans la marre, ils découvrent le cube rouge alors chacun y va de son observation. Des observations en toutes petites touches qui suggèrent des idées, donnent des ambiances, évoquent des odeurs, des sons.

Au fil de la journée, la nature se réveille aussi, avec des bruits et de l’agitation, parfaitement perceptibles et sensibles.Et à la fin... non, je ne dis jamais les fins, vous le savez bien !

Les dessins de Janik Coat sont très stylisés, fluides, élégants. On a à la fois la sensation que tout est fixe mais on sent le mouvement des animaux, du plus petit au plus grand. C’est toujours étonnant cette impression dans les images de Janik Coat. Les couleurs utilisées sont celles de la forêt : des teintes sombres mais lumineuses, comme si un rayon de soleil filtrait à travers les feuilles, alors, le cube rouge n’en est que plus attirant.

Si vous n’avez jamais regardé un pop-up, vous aurez le bonheur de pouvoir découvrir ce que c’est avec ce livre. Et puis, regarder les yeux des gens regarder un pop-up, c’est complètement magique !

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 76

la danse de boxe Emile et la danse de boxe

 Vincent Cuvellier et Ronan Badel - éditions Gallimard jeunesse - Giboulées

 

Emile doit faire l’activité. Parce que c’est bien, parce que maman l’a dit. Lui n’a pas l’air franchement convaincu. Il doit lire un papier sur lequel il y a des propositions. Mais rien qui intéresse Emile. Lui il voudrait faire de la danse de boxe. Alors sa mère l’inscrit à la danse : elle a bien tenté de l’en dissuader, à la danse il n’y aura que des filles. Et alors, hein ?

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C’est drôle et ça va bien ensemble.
Et puis, dans le livre, Emile est au centre de la page, la mine toujours boudeuse (quand il n’a pas son legging sur la tête), dénuée de toute forme d’expression. Il évolue dans une remarquable sobriété, très peu d’éléments de décor autour de lui.Alors nos yeux sont bien concentrés sur la vie intérieure d’Emile : entre ce que sa mère lui dit, ce qu’il pense et ce qu’on imagine qu’il pense... à moins qu’Emile ne parle de lui comme Alain Delon fait de lui-même : à la troisième personne, l’air distant et détaché, sûr de lui. Et ça contraste sacrément avec la trombine et les préoccupations quotidiennes d’Emile.

Bon, à force de vivre des aventures, Emile a dû ressentir le besoin de les rassembler, afin de mieux les transmettre. Emile range ses livres : ça va bientôt être l’occasion de vous en dire un peu plus sur ce petit garçon, qui a tout du vrai... et ça marche aussi pour les filles.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 75

un jour deus ours Un jour, deux ours

Ghislaine Roman et Antoine Guilloppé - éditions Gautier-Languereau - 2015

 

« C’était l’hiver des grands brouillards,
Les matins ressemblaient aux soirs »

Quand on ouvre le livre, on devine que le fin trait blanc qui traverse la double-page est la banquise, sur laquelle un ours est assis. Un deuxième vient ensuite à sa rencontre. Nos yeux de lecteurs sont comme deux phares éclairant deux ours blancs dans le brouillard. Ces deux-là jouent, pêchent, dansent. Ils sont heureux parce qu’ils sont deux. La nuit venue, ils se perdent puis se retrouvent au petit matin, dans la lumière. Et là, nos yeux et notre cœur de lecteur sont bien surpris !

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 ...qui vient titiller notre imagination et notre sensibilité : elle dévoile des traits de caractères des ours ou vient illustrer une image en y apportant sa fantaisie.

Les images d’Antoine Guilloppé sont essentielles, ce qu’elles disent en jouant avec le noir et blanc ou les couleurs, les formes, que ce soit un simple trait tout droit, un cercle, le dos rond des ours qui se font face est beau et fort.

Antoine Guilloppé sait raconter des histoires sans aucun texte, ou avec le strict minimum, qu’il écrit, la plupart du temps. Ses images sont très parlantes, narratives et il sait entretenir le suspense en prenant en compte la matérialité de l’album. Alors c’est là qu’on sent à quel point les mots de Ghislaine Roman ont leur importance pour apporter un éclairage un peu différent à l’histoire racontée par les images.

C’est un fort joli livre qui parle d’amours et d’amitiés sous toutes leurs formes. Il « fonctionne » bien parce que les auteurs, l’éditeur ont vraiment travaillé ensemble, dans l’écoute. Et je pense sincèrement que ce sont de petites choses que l’on parvient à percevoir quand on lit et qu’on touche le livre.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 74

la belle et le fuseau La belle et le fuseau

Neil Gaiman et Chris Riddell, Albin Michel

 

Sur la couverture, la Belle endormie est belle, oui. C’est Chris Riddell qui l’a dessinée : ses longs cheveux reposent autour d’elle, sa robe est magnifiquement drapée tout autour de son corps qu'on devine sensuel. On pressent une poitrine  opulente et confortable qui se soulève lentement au rythme de la respiration. Les yeux sont doucement fermés, bouche entrouverte, laissant apparaître un minuscule trou dans la dentition. C’est Chris Riddell : entre grande beauté, précision, virtuosité du trait et petits détails, discrets, mais suffisamment visibles pour se dire que tout n’est pas tout à fait comme on pourrait s’y attendre. 

Sur la quatrième de couverture, un crâne.

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...sorte de calque assez épais sur lequel sont dessinées des ronces, des roses, des épines. C’est noir et doré.

Et le fuseau pend, comme une goutte de sang.

Le ton est donné, juste avec la couverture : fascination et peur, confort et inconfort. C’est très surprenant. Et quelque part, les dessins ont un côté vraiment drôle, malicieux.

Neil Gaiman et Chris Riddell sont deux auteurs très érudits en littérature, mythes, légendes, culture populaire, tout ce qui lie les humains mais dont on n’a pas toujours conscience. Et quelque part, ce n’est pas très important, de ne pas savoir, parce qu’on sent, parce que ça fait partie de nous, de notre histoire, de l’humanité. Ils utilisent ces codes à la perfection et peuvent ainsi les détourner, quand c’est nécessaire, pour servir leurs histoires et leur donner une sacrée profondeur qui résonne avec notre temps contemporain, voire avec l’actualité.

Et à lire un peu Neil Gaiman, dans ses livres et ses interview, on devine que c’est un homme qui lutte contre toute forme de discrimination. Son meilleur moyen, c’est la littérature... et sans aucun moralisme.

L’histoire et la lecture du texte sont parfaitement adaptées aux enfants, à partir 9/10 ans. Et c’est rempli d’humours, sous bien des formes. C’est un livre qui se découvre vraiment, dont on ne peut parler qu’en tournant autour.

Lisa Bienvenu

 

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Plumes de brigands 73

le miel des 3 compères Le miel des trois compères

Textes : Richard Marnier ; illustrations : Gaëtan Dorémus - éditions du Rouergue -2014-

 

Ouh lala lala... ça commence à bien faire là ! "L’ours en eut assez. Il appuya sur un gros bouton rouge et fit tout exploser."
Oui, mais assez de quoi ? Trois compères : un renard, un loup et un ours sont dans la forêt et trouvent du miel.
Et c’est le plus malin qui le mangera en premier. Bon, le plus malin, ce n’est pas toujours le même, hein.

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...subtilement différents, mais que la narration suit quand même son cours. Il y a donc bien un début, la balade en forêt, un milieu, quand tout explose, et une fin. Ah mais non, je ne dis rien, vous le savez bien.


Le fil rouge de l’histoire, c’est le rayon de miel, jaune, orange, brillant, lumineux, un vrai rayon de soleil, chaud et chaleureux. Ce sont les couleurs, le trait, la technique de dessin (gravure il me semble) et l’impression, le choix du papier qui donnent ce sentiment de chaleur dans le livre.

Et puis les regards en coin des personnages attirent le nôtre, de regard et attisent notre envie de savoir par quelle mystérieuse fourberie le plus malin va réussir à manger le miel.


Jalousie, convoitise, gourmandise, méchanceté, crime....
Hmmm, bonne lecture !!

 

Lisa Bienvenu

 

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le dernier des géants Le dernier des géants

de François Place

 

Ils sont les derniers, mais un homme, Archibald Leopold Ruthmore, va réussir à les rencontrer.
C’est en achetant, sur les docks, une énorme dent couverte de gravures étranges, que la curiosité de l’anglais est émoussée. Il s’enferme dans son cabinet d’études. Il observe, il cherche et un jour il part à l’aventure, avec son précieux carnet.
Ce livre est très connu dans "le milieu de la littérature jeunesse" et puis aussi chez de nombreux adultes voyageurs ou pas, mais sensibles à la littérature de voyage.

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...je le dis là, parce que je me suis un peu entretenue avec François Place ce week-end du 12 -13 mars à St Marcellin et que du monde m’a dit ne pas connaître et le découvrir avec bonheur.

Ouf !, ce livre est donc encore un peu un loup noir.

En 2012, les derniers géants ont eu 20 ans, alors les éditions Casterman ont sorti une nouvelle édition : limitée et enrichie de 16 pages contenant des observations, des histoires sur ces si mystérieuses gravures. Le livre a toujours le format du carnet de voyage, mais la couverture est plus douce et le papier plus épais, ce qui en fait un objet d’autant plus exceptionnel.

C’est une histoire inoubliable qui parle de la passion de la découverte, du désir de partager, du besoin de laisser des traces pour ne pas oublier... de tous ces sentiments, ces envies qui nous habitent, nous constituent, qui font de nous des êtres doués de réflexion, de compassion, de bienveillance. Qui peuvent aussi causer notre perte.

On s’était dit que François Place était un ethnographe de l’imaginaire, pour de vrai.

 

Lisa Bienvenu

 

Et voilà le site de François Place

 

 

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Plumes de brigands 72

CVT La Sylphide Fee des Forets 7605 Sylphide, fée des forêts

Textes : Philippe Lechermeier ; illustrations : Olivier Desvaux - éditions Gauthier Languereau

 

"Un magnifique conte librement inspiré du ballet "La sylphide". crée en 1882 par Philippe Taglioni pour sa fille Marie"

Cet album est un spectacle, un magnifique hommage au ballet.

Tout est fait, notamment dans les cadrages et les points de vue sur les images, pour que, de lecteur, on devienne un spectateur cloué à son fauteuil, emporté et subjugué par l'histoire et sa mise en scène. 

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 ...on a l'impression qu'on est à la place du public, dans l'ombre, et qu'on assiste, impuissant à une merveilleuse histoire, belle et donc presque forcément tragique, dans nos cultures occidentales...

Le mouvement des dessins est dansant, virevoltant, les personnages, les drapés, le vent, tout est aérien. Mais pas léger : la peinture est "épaisse", on pressent un drame...

Le texte peut-être parfois chanté, on l'entend dans son rythme. Le choix des mots dans la description des décors et des sentiments est "élémentaire"... on ressent directement parce qu'on entend l'orage, on entend la peur et la musique, on entend le vent qui souffle!

Bref, voilà! Allez-y donc!

 

Lisa Bienvenu

 

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Voir wikipedia/La_Sylphide

Plumes de brigands 71

le gd livre des peut Le Grand livre des Peut-Être, des Si et des Pourquoi?

Textes : Ghislaine Roman ; illustrations : Tom Schamp

 

"Peut-être que les dinosaures n’ont pas disparu mais qu’ils sont les meilleurs à cache-cache."

 "Si les cages n’avaient pas de barreaux, est-ce qu’on entendrait mieux le chant des oiseaux ?"

"Pourquoi les méchants font-ils encore plus peur quand il fait nuit ?"

Dans ce livre, les petites questions ressemblent étrangement à des interrogations d’enfants, naïves, insolites alors forcément pleines de bon sens, un peu comme si elles nous ramenaient toutes à l’origine de toute chose, à l’origine de notre monde. Ghislaine Roman joue avec nos représentations mentales et même si dans ce monde-là ce n’est pas possible, on se demande alors vraiment à quoi ressemblerait notre univers s’il était rempli de dinosaures cachés.

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Alors forcément, l’imagination est galopante et même exponentielle : plus on lit, plus on regarde et plus de "possibles" sont envisageables. On n’arrête pas de pouvoir inventer, tout et tout le temps ! C’est vertigineux... mais il y a dans la structure du livre et dans ces jeux de mots et d’images un cadre presque invisible et très cohérent, posé... ce sont les aspects rassurants et bienveillants qui nous sont transmis. On retrouve des motifs, des personnages, des formes, des couleurs... il y a également une forme de permanence dans la mise en page, avec toujours le texte à gauche et le dessin dans texte à droite. Constance aussi dans les formules qui installent un rythme de lecture.

On peut donc à partir de là tisser des histoires avec un début, un milieu et une fin. On peut se faire notre histoire, on a la possibilité de s’inventer dans le monde, de trouver sa place.

Et puis, on se penche de manière sensible sur le sens des mots "Peut-être, si et pourquoi" et... eh bien ce n’est pas la même manière d’être au monde et de l’envisager.

Les images et les mots de ce livre me font penser au chocolat : c’est gourmand, chaud et ça sent bon, c’est généreux et malicieux.

Quand je mange du chocolat, je suis bien alors tout est possible. Si vous n’aimez pas le chocolat, mangez autre chose.

 

Lisa Bienvenu

Le site de Ghislaine Roman

Celui de Tom Schamp

 

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Plumes de brigands 70

dans la tete albert Dans la tête d'Albert

Auteure : Annie Agopian /illustratrice : Carole Chaix - éditions Thierry Magnier

"Mais qu’est-ce qui peut bien lui passer par la tête ?" Qui donc ne s’est jamais posé cette question quand l’autre semble agir de manière étrange ? C’est ce que se demande le chien d’Albert à propos de son maître...
Albert qui prend un temps fou pour faire chaque chose, qui semble ne pas voir le plus important, qui n’a pas sommeil le soir et qui ne peut pas se lever le matin, qui a un régime alimentaire si bizarre...
HA HAHA ! Oui, évidemment, rigolerez-vous, le comportement des humains échappe toujours à celui des animaux et vice versa

 

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Parce que ça a beau être un chien qui parle de son maître, on se retrouve parfois entrehumains tout aussi benêts devant certaines attitudes. Cette petite trouvaille nous fait bien rire. On y pense, on rigole encore un peu, car ce chien a une drôle de trombine et il a une humeur de "dog". Et puis on oublie que c’est un chien qui parle de son maître eton entre doucement dans le monde d’Albert qui ressemble à s’y méprendre au nôtre...

 Albert... en connaissez-vous d’autres des Albert qui vous sembleraient étranges ?
Et êtes-vous bien sûr que celui-ci est si étrange que ça ? Etes-vous bien sûr que l’autre a un drôle de comportement, est-on si différent les uns des autres ?

Moi, non, mais c’est mon avis.

Dans un album, il y a des mots (souvent) et des dessins. Dans le cerveau il y a deux hémisphères. Jusque là on est d’accord ? Oui, c’est obligé !

Est-on bien sûr que les dessins ne sont qu’une représentation du texte ?
Est-on bien sûr que nos deux hémisphères fonctionnent de manière parallèle mais distincte ?

Je me dis là que l’album, parce qu’il a une double page, parce qu’il utilise les mots et les images est le support idéal pour tenter de montrer de manière presque simple et évidente l’extrême complexité de notre cerveau.
Dans ce livre, il y a une histoire narrative illustrée : le point de vue du chien sur la vie d’Albert et puis il y a toutes les pensées et les dessins qui ornent l’histoire... jusqu’à ce que ça devienne presque plus important. Imaginez une seconde : vous écoutez quelqu’un parler, et en même temps, vous êtes traversé par mille pensées, jusqu’au moment où vous n’écoutez plus ce qu’on vous dit, ce sont vos pensées intimes qui occupent tout votre esprit.

Dans ce livre, il y a des petits oiseaux, des mécaniques et des rouages compliqués etun fil rouge. Il y a des pensées raisonnées qui se mélangent avec les émotions, des contradictions, des doutes. Il y a surtout beaucoup d’interrogations, plein d’humour et toujours... l’amour, comme si toute la vie, on ne cherchait que ça.

Je ne vous dirai pas ce qui se passe exactement Dans la tête d’Albert, ce ne serait pas poli de faire étalage ici de son intimité.

C’est un livre profondément attendrissant parce qu’il est mystérieux et qu’il dit ce qu’on n’ose presque jamais s’avouer.


Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 69

le gd match Le grand match

Auteur : Fred Bernard /illustrateur : Jean-François Martin - éditions Albin Michel jeunesse

Dans un pays imaginaire, un régime totalitaire s’impose par la terreur, étouffant toute tentative de rébellion.

Volodia, Eugenio et les joueurs de l’ancienne Équipe Nationale de rugby doivent affronter celles des Aigles Frères, l’Équipe officielle du pouvoir. Sommés de se coucher, ils décident, malgré les risques de représailles et les menaces de mort, de gagner le dernier match, coûte que coûte. La rage au cœur.

 

princesses oubliées Princesses Oubliées ou inconnues

Auteur : Philippe Lechermeier /illustrateur : Rebecca Dautremer - éditions Gauthier Languereau

Les princesses ne sont pas toutes passées à la postérité. Certaines ont même été complètement oubliées. L'auteur et l'illustratrice nous invitent ainsi à une malicieuse promenade dans le monde de ces " fameuses oubliées ", aux noms prometteurs tels que Princesse Capriciosa, Catch-catch, ou von Badaboum... Grâce aux rubriques consacrées aux princesses, à leur mode de vie ou à leurs accessoires (ombrelles, éventails, joyaux, etc.) on découvre peu à peu les secrets d'un univers riche en humour, poésie et douce rêverie.

 

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 Vers "Princesse oubliées ou inconnues" en musique

Plumes de brigands 68

king kong King Kong

Auteur/illustrateur : Antoine Guilloppé- éditions Gautier Languereau

Ils sont venus sur une île pour tourner un film. Mais cette île renferme bien des mystères. Il y vit d'étranges créatures, et notamment un gorille extraordinaire, King Kong. Celui-ci s'empare d'Ann, l'actrice principale du film et en tombe amoureux. L'équipe de tournage parvient à libérer la jeune femme et capture l'immense bête dans le but de la ramener à New York et de la produire à Broadway...

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king kong


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marcel et giselle Marcel et Giselle

Nathali Fortier

C’est une histoire à plusieurs voix : Marcel, Giselle, Eustache, Marguerite et Armande. D’ailleurs les personnages sont listés dès la première page, à la manière d’une pièce de théâtre, où le texte, les mots sont choisis avec soin et où l’oralité a une place importante. L’histoire agit comme un dialogue entre les personnages, une aventure, une épopée que l’on raconte et où chacun apporte son point de vue, les détails oubliés par l’autre.

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marcel et giselle 

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Plumes de brigands 67

CouvPeterPanJMBarrieRLejoncGautierLanguereau Peter Pan

Auteur : James Matthew Barrie /illustrateur : Regis Lejonc- éditions Gautier Languereau

Peter pan, le charmant souriant, l'adorable fée clochette, un peu coquinette sur les bords. Le ridicule Capitaine Crochet, bon bougre malgré tout parce qu'il nous fait bien rire. L'aventure merveilleuse que vivent ces enfants sur l'île...
Exit cette image. Stop.
Peter Pan reste un enfant parce qu'il ne veut pas grandir. Il cherche désespérément un baiser, celui que sa mère ne lui a jamais donné.
Il est triste et extrêmement joyeux, adorable et épouvantable, profondément égoïste. La fée Clochette n'est que jalousie et peut tuer pour garder le coeur de Peter. Wendy, sous ses airs bons et naïfs respire la dualité, jouant sur l'image de la mère, la grande soeur et l'amoureuse pour se faire apprécier de tous.
A mes yeux, deux personnages sortent de la dualité qui anime tous ces personnages. Nana et le Capitaine Crochet... ils ne servent qu'un seul et unique but.

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La langue de James Matthew Barrie a des aspects faussement désuets : il joue sur la dualité des personnages et de compréhension du lecteur de son époque et d'aujourd'hui. C'est teinté d'ironie et de distance, de second degré. Ce qui n'enlève rien à la cruauté, la tristesse et le désespoir qu'il y a dans cette histoire magnifique.

Les illustrations de Régis Lejonc sont "joueuses" : merveilleuses et douces, caressantes, on sent presque dans chaque image poindre la lame d'un couteau. Les personnages nous apparaissent parfois comme des enfants, d'autres fois comme des jeunes gens. Les visages sourient de bonheur, comblés ou incarnent le mal, la vengeance. Les regards sont parfois extrêmement troubles et troublants.

Il existe de très nombreuses adaptations de {Peter Pan}, on ne garde curieusement en mémoire que celle de Walt Disney, somptueuse mais qui ne garde que le merveilleux et le positif de cette histoire. C'est assez paradoxal!

C'est magnifique parce que c'est tragique et oui, ça aussi c'est paradoxal...

Le seul regret que j'ai est que le livre ne soit pas plus grand et le papier plus mat...

Lisa Bienvenu

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lappel de la foret L'appel de la forêt

Jack London - Maurizio A.C Quarello-

L’appel de la forêt ... the call of the wild en anglais, littéralement, l’appel du sauvage...

Voilà voilà !

C’est l’histoire de Buck, chien loup qui vit paisiblement auprès d’une famille aimante, riche et pleine d’attention à son égard. Buck est intelligent et droit, il a une incroyable force de caractère, il suscite l’amour et l’admiration de son maître.

Il est brutalement enlevé par un des hommes de maison pour être vendu. Départ dans le Grand Nord canadien, pendant la Ruée vers l’or.

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Alors l’histoire est à la fois subtile, cruelle et extrêmement juste. L’écriture est brute, directe et factuelle. On est curieusement dans la tête de Buck avec de la distance au début, quand il est un chien civilisé et puis étrangement, on entre dans sa peau, on épouse sa cause, on est révolté, on souffre, on a soif de vengeance et besoin d’amour. On veut faire confiance, instinctivement. Plus Buck redevient sauvage, plus l’Homme se retrouve dans ce personnage.

C’est la première fois qu’un texte de Jack London est illustré de cette manière : de grandes images, comme des tableaux mais qui diraient aussi une histoire. Maurizio A.C. Quarello a peint de saisissants portraits d’hommes et d’animaux : visages burinés, regards durs et fatigués mais déterminés, chiens loups la gueule ouverte, découvrant de redoutables dents acérées. Magnifiques et effrayants. Il s’est focalisé sur des personnages, "mettant de côté" scènes d’actions et paysages, comme pour concentrer notre attention sur l’humanité de cette histoire sauvage.

Ce texte est grand, le livre aussi d’ailleurs, pas facile à ranger dans une étagère de bibliothèque... je blague, "c’est pour qu’il soit mieux exposé au regard de tous mon enfant".

Cette édition propose la version intégrale du texte, traduite mais pas adaptée. Avec les somptueuses et classiques illustrations qui donnent un éclairage farouchement moderne au texte, cet objet aussi peut être un classique dans le genre des classiques illustrés.

L’appel de la forêt fait partie de la collection des "Grands classiques illustrés" des éditions Sarbacane. De très très beaux livres.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 66

Lenfant chasseur L'enfant chasseur

Auteur/illustrateur : Adrien Parlange - éditions Albin Michel

C’est l’histoire d’un garçon à qui sa mère raconte une histoire. Il est dans son lit et elle lui lit l’histoire de l’enfant chasseur, un enfant perdu... Celui qui vit seul, loin de tout, dans la nature sauvage.
Qui n’a pas rêvé de se perdre dans la forêt pour vivre des aventures ? Qui n’a pas été fasciné par les histoires d’être humain perdu dans un univers hostile ?

Oui, bon peut-être vous qui me lisez... enfin quand même... petit on est beaucoup à s’être imaginé vivre seul, à se demander s’il reste encore d’autres humains. On y pense aussi adulte : nombre de récits de fondations des civilisations s’appuient là-dessus, que ce soit dans les histoires anciennes ou dans les livres de Science-Fiction. Si personnellement on n’y pense pas, ça fait partie de notre patrimoine culturel.
Si je divague autant, c’est parce que ce livre, cette histoire font appel à des sentiments, des pensées qui sont profondément enracinées chez nous les humains. Pour les extra-terrestres, très franchement, je ne sais pas.

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Avec une justesse très sensible et une économie de moyens étonnante, on est tous embarqués dans cette incroyable histoire, qui nous emmène loin dans notre imaginaire ! C’est une prouesse technique, presque une expérimentation mais complètement au service d’un grand récit !

Le livre est un grand format, la teinte qui domine est le beige et les caractères d’imprimeries sont un peu "à l’ancienne" : le tout rappelle les livres illustrés de nos grands-parents (ou arrières grands-parents), ceux qui leur étaient offerts en cadeau, en récompense de leur travail à l’école. En ce sens, il rappelle aussi les livres que ces mêmes grand-parents aiment offrir à leurs petits enfants pour leur transmettre "quelque chose" : une histoire, des valeurs, une certaine philosophie de la vie. Pas une morale, non. 

Les dessins sont extrêmement fins, le papier délicat et... le texte est exquis tout seul. On peut le murmurer à l’oreille des enfants il garde toute sa saveur, tout son pouvoir sur l’imagination.

A l’intérieur du livre, il y a un filtre magique, celui qui fait entrer dans l’histoire, dans les personnages, celui qui fait rêver, qui brouille les pistes (Cher parents rassurez-vous, ce n’est pas une substance illicite.)

C’est un grand bonheur et je vais ancrer ce livre dans le temps : les récits construits sur des événements qui s’enchaînent, de manière assez irrémédiable, sans rupture mais avec du suspens font profondément du bien. En novembre 2015 on a besoin de ces grandes histoires. Elles sont rassurantes.

Lisa Bienvenu

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animaux Animaux

Jérémie Fisher - édition Les grandes personnes

 Ils sont nombreux les animaux dans ce livre à apparaître et disparaître au gré des pages qui se tournent, des filtres magiques et de l’endroit d’où l’on regarde le livre. On peut s’en imaginer des histoires et des animaux ! On peut en faire du bruit à imiter tous ces cris... enfin la girafe, là j’avoue, je sèche.

Mais avant de faire du bruit, on entre tout doucement dans cette histoire avec une toute petite phrase chuchotée "Qui sommes-nous ?". Elle se détache, au milieu de la page, sur une forme jaune pouvant rappeler un coq ou une poule

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Et on est renvoyé dans nos éternels questionnements sur notre identité, qui sommes-nous, d’où venons-nous (dans quel étagère ? ça vient plus tard !). Les enfants, les bébés y sont sensibles : cette petite phrase dit beaucoup, on y met de l’émotion et elle résonne chez nous les adultes.

Ce livre est une surprise, un jeu, des formes apparaissent, se transforment sous nos yeux, notre imagination galope, on s’amuse à deviner quel animal va bien pouvoir surgir, on cherche le petit papillon. Les animaux n’arrivent pas n’importe comment sur la page : ils sont la malicieuse combinaison d’une histoire qui se construit et d’un jeu sur les formes et les couleurs. Et plus on le lit, puis on trouve de nouvelles histoires, plus on voit de nouvelles formes dans des univers différents. On s’arrête, on observe, on invente. Et on pense aux formes des nuages, des arbres, des montagnes, des rochers, des cailloux... aux formes de la nature qui nous en inspirent d’autres. Sacré tour de force, je vous assure !

C’est très rigolo, ludique et il y autre chose... on n’a pas oublié cette petite phrase chuchotée au tout début, on l’a gardée dans un coin de tête. Tout au long du livre, on est ensemble à vivre une drôle d’aventure, à avoir peur, à jouer, à se regarder vivre...

Et alors, "Qui sommes-nous ?"

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 65

khodja Khodja

Thomas Scotto, auteur - Régis Lejonc, illustrateur - Editions Thieyy Magnier

 

C’est l’histoire d’un garçon perdu qui traverse un labyrinthe.

Fascinant, envoûtant. Comme le petit personnage qui change subtilement de visage au fil de l’histoire, ce livre revêt des formes particulières pour chacun et il se transforme à chaque lecture pour soi-même. Un véritable mirage.

C’est une histoire d’enfance.

La piscine Molitor, Labyrinthe de Jim Henson, l’incroyable format du livre, une typographie toute clinquante, l’étrange créature du lac noir, le film de Jack Arnold, le générique d’un film de série B et l’humour jusque dans les pages de garde.

C’est ce que j’ai perçu tout de suite de ce livre. Un peu étonnant ces associations d’idées, comme dans les rêves. Un mélange de sentiments très forts et diffus à la fois. Je vous le dis là, en secret : j’ai lu ce livre un soir très tard et au réveil, le lendemain matin, j’ai eu l’impression que j’avais rêvé ce livre.

Je ne suis pas un garçon (ça, c’est moi qui le dit...) mais ce livre c’était moi. Et très naïvement, je crois qu’il peut-être chacun de nous ce livre.

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La piscine Molitor : piscine culte, reflet de la vie des années folles, joie de vivre et profonde insouciance, comme l’enfance. Mais aussi, période de perdition. La piscine Molitor est aussi représentative du Premier courant artistique d’envergure internationale, l’Art Déco, mouvement d’architecture et de décoration intérieure. De là à faire des conjectures et à imaginer un lien avec notre propre intériorité, à la fois intime et universelle, il n’y a qu’un pas... vous le sautez avec moi ?

Labyrinthe, c’est un film de Jim Henson avec David Bowie... cet homme dont on se demande parfois s’il existe vraiment ! C’est l’histoire d’une jeune fille qui s’évade par la lecture de contes fantastiques. Son préféré, c’est "le labyrinthe" et ce livre-là va lui ouvrir "réellement" les portes d’un autre monde dans lequel son petit frère, Toby est enlevé par Jareth, le roi diabolique de cet univers. Pour le retrouver, elle doit affronter les épreuves du labyrinthe. Une histoire de sortie d’enfance, des prémices de la maturité, parfois si difficile à accepter. Récit d’aventures et plongée dans les sentiments d’une jeune-fille.

Le livre est grand, physiquement : il ressemble aux grands livres illustrés de l’époque des arrière-grands-parents. Ces livres-là, nos aïeux les aimaient parce qu’on les leur offrait en récompense d’un bon travail à l’école.

On pense aussi aux journaux illustrés des années 20 dans lesquels paraissaient en feuilleton, des récits d’aventures, drôles et populaires !

Plaisir et transmission... partage, le livre est Grand !

La série B et l’étrange créature du lac noir... alors là... la série B c’est parce qu’il y a un début à l’histoire, comme un pré-générique, on entre directement dans l’histoire sans rien en savoir et puis il y a comme une rupture surprenante qui nous met à distance tout en nous tenant en haleine... et puis l’étrange créature, c’et un petit point de détail comme il y en a mille autres dans cette histoire.
L’humour et la taquinerie...


Et le texte de Thomas Scotto : c’est d’abord une pièce de théâtre, texte brut... sans images prédéfinies. Le grand livre que vous aurez sous les yeux est une BD, ce sont donc les images et leurs enchaînements qui prédominent. Et là, on mesure l’humilité, la confiance de l’écrivain pour l’illustrateur. Dans ce livre, les mots sont de petites touches discrètes qui interrogent, guident les yeux, des petites lumières intérieures.
Images et mots au service l’un de l’autre.
C’est magnifique !

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 64

blob Blob, l'animal le plus laid du monde

Auteurs : Joy Sorman et Olivier Tallec  - Illustrateur : Olivier Tallec

Blob est laid. Pas encore assez selon le jury : tous les ans, il perd le concours de l’animal le plus laid du monde.
Sauf cette année, et je cite l’auteur Joy Sorman, "ça fait schcouic quand on lui pose la couronne de diamants sur la tête." Oui, précisément schcouic... beurk...
Blob gagne le droit d’être "le nouvel ambassadeur des bêtes effrayantes et dégoûtantes".
Lui qui vient des profondeurs abyssales de la mer, où aucune lumière ne filtre il se retrouve sous les feux de la rampe, adulé et chouchouté, chaque apparition en public déchaîne la foule ! C’est du délire. Il n’était rien, il devient tout, juste parce que.

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C’est que l’extraordinaire destin de Blob nous est raconté avec le ton et les mots dont "lémédias" (et là je copie, entre autres, Alain Korkos, du site Arrêts sur images) se servent pour nous narrer (et nous enturbanner) les merveilleuses vies de parfaits inconnus sur lesquels tombent la gloire. Juste parce que.
Blob qui prend le thé avec la Reine d’Angleterre, pose avec le Dalaï Lama, donne son avis sur "les ravages de la pêche au chalut"... quand même, avouez, là, on trouve que c’est drôle et ridicule. Et pourtant aujourd’hui, les "stars" qui ont un avis sur tout, on les écoute religieusement.

Et donc, on ne s’étonne plus.

Les dessins sont vifs, le trait fin et élancé, jolis comme tout ! En bref, le contraire total de Blob le poisson, gros, flasque, visqueux et très laid. Jouer sur ce contraste est très judicieux. Comme c’est joli, on regarde. Par acquit de conscience on cherche sur Internénette des images de Blob, de la grenouille du lac Titicaca, de la taupe à nez étoilé...et... dessiné par Olivier Tallec, c’est mieux. On se contente d’imaginer. On s’attarde sur les images, on rigoledu ridicule de ce poisson, on s’attendrit sur la couverture qui mêle habilement un chaton (mignognitude incarnée) sur les "genoux" de Blob et on explose de rire sur la quatrième de couverture.

C’est gros, c’est énorme ! On peut "juste" en rire et puis après se dire "ah oui quand même", un peu comme "le deuxième effet Kiss cool". Sacrée petite histoire graphique, sacrément habile pour faire rire délicatement, en se moquant des médias, de nous-mêmes, de notre vanité, de notre monde qui marche sur la tête.

La fin est délicieuse... quoi qu’il faudrait peut-être goûter avant de se prononcer.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 63

3 exploits 3 exploits de Till l'espiègle

Auteur : Philippe Lechermeier  - Illustrateur : Gaëtan Dorémus

Voyez-donc la couverture, elle donne le ton : ça va swinguer sévère, être profondément moqueur et incorrect juste pour le plaisir... d’être libre et dans l’inavouable but d’être enfin pénard ! Je vous le dis, ça se devine un peu moins sur l’image.

Trois exploits nous sont donc contés là. Je vous raconte juste un peu du premier :Till souhaite s’acquitter de ses dettes, d’une manière un peu particulière. Sa naissance ayant causé mille tracas aux habitants du village, ils ont pris l’habitude de le rendre responsable de tous les malheurs. Et ça dérange beaucoup Till d’être responsable. Il est sans arrêt conspué, alors son père, tendre et aimant lui dévoile le secret du Pays de Cocagne tout là-bas derrière les montagnes. Alors Till s’en va mais avant de pouvoir gagner le droit au bonheur et à la tranquillité il va devoir traverser de sacrées épreuves et réaliser de véritables exploits !
Hmmm, à moins que son père lui ait dit ça pour que lui soit enfin tranquille ?

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La présentation, les dessins "à l’ancienne", qui rappellent un peu l’univers du personnage "Struwwelpeter" de Heinrich Hoffman, le ton des textes, font de ce livre un drôle d’objet qui sème le doute dans nos têtes : ça a l’air sérieux, mais l’image de couverture dit le contraire, Till semble rempli de bonnes intentions, il agit en bon petit soldat en respectant les consignes à la lettre mais il ne fait que d’énormes bêtises. L’histoire semble fonctionner comme un conte, mais à l’envers.

Les images sont terriblement drôles, traçant les grandes lignes des situations qui vont conduire à la bêtise, au coup de bâton. Evidemment, tout ne peut pas être représenté, le cerveau comble les trous tout seul, c’est aussi là que c’est drôle, on s’imagine et on peut bien s’imaginer ce qu’on veut !
Le texte est extrêmement rythmé par des répétitions, des rimes, des expressions, des mots inventés. Mais il y a une sorte de distance installée par un style un peu ampoulé, "à l’ancienne". Le mélange des deux donne un faux ton sérieux. Hmm, c’est du lard ou du cochon ?

Bon et pour ajouter à la confusion, la construction de la couverture peut rappeler les affiches de films de série B.

Ma foi, un bien bel ouvrage que l’on se délectera de lire à nos enfants au coin de feu mais pas trop près des flammes.

Lisa Bienvenu

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Plumes de brigands 62

le panier de lulu Le panier de Lulu

Le panier de Lulu, Kris Di Giacomo, Frimousse

Lulu, toute occupée qu’elle est à tricoter une écharpe pour sa copine la girafe oublie de faire les courses. Alors évidement, à puiser dans les réserves, elles s’épuisent. Lulu a un petit creux. Zou, c’est parti mon kiki, elle note des bricoles sur un bout de papier (pour mieux se concentrer, c’est que notre Lulu aurait tendance à s’éparpiller) et en vélo, elle file au marché. En chemin, elle rencontre, un petit oiseau affamé, un cochon mal en point, deux chiens... bref, elle rencontre...

Et comment les histoires sont fabriquées
L’histoire du texte est toute classique et diablement efficace : elle est écrite à la manière des contes randonnnées, avec les répétitions qui vont bien dont on ne se lasse pas et les chansonnettes fredonnées par Lulu. Lire en jouant avec les voix des personnages est un jeu d’enfant et à plusieurs c’est un joyeux bazar !

Principe du conte randonnée : répétition, histoire linéaire, comme quand on suit un chemin simple pour mieux regarder ce qui se passe autour

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Plumes de brigands 61

beau jour couv Beau jour tout blanc

Beau jour tout blanc, Rascal, collectif d’illustrateurs, la maison est en carton, 2014

Ce livre tout blanc est un long poème composé par Rascal, à partir d’images fabriquées par des hommes et des pères enfermés à la prison de Pau. Ces images sont des formes, figuratives pour la plupart, en papier déchiré blanc collé sur du papier blanc... elles ont été réalisées en atelier avec Jean-Louis Buecher, de la compagnie Smala Bleu-Théâtre.

L’idée derrière est d’une simplicité et d’une évidence assez confondantes. Je cite la "4è de couv." : "... créer des images pour parler du monde au tout petit enfant. Quand soi-même, on est privé de dehors."

Ce poème s’adresse au tout-petit.

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Plumes de brigands 60

60AmesSamouraisGMaincentCMerlinActesSudJunior L'âme des samouraïs

géraldine Maincent (textes) ; Christophe Merlin (illustrations) - éditions Actes sud junior

Les samouraïs...
Leurs dents noires, parce que la nourriture est pauvre en calcium.Leur armure en Kit, légère mais chère.
La légende de l’origine du japon, le règne des Samouraïs, l’éducation de leurs fils (parents sensibles s’abstenir... non je blague !), les samouraïs étrangers... mais Yasuke n’y est pas... qui étaient-ils, comment et pourquoi sont-ils devenus ces guerriers si redoutables ? Le bushido, leur magnifique credo, qui sonne comme un poème à nos oreilles.
Et les rouges et bleus de Christophe Merlin qui sont littéralement hypnotiques et servent parfaitement ce documentaire sur ces personnages qui ont réellement existé, qui sont si fascinants qu’ils en deviennent presque des légendes.

 

garage merlin Le garage de Merlin

le garage de Merlin, Christophe Merlin, la maison est en carton, collection Grandimage, 2014

Les rouges et les bleus de Christophe Merlin sont hypnotiques, je l’ai déjà dit à propos des Samouraïs, mais ça fonctionne aussi avec les dessins de voitures anciennes. On est dedans, complètement.
Et avec cette Grandimage posée par terre en décor, on imagine un garage (en bois ou en plastique, on est d’accord, peu importe), dans une chambre d’enfant, avec des petites voitures, des chemins, des monstres, des lego ©, des playmobiles © et les bruits de mécaniques, d’explosions et de moteurs qui sortent de la bouche des enfants. Après, on va dire que les enfants sont sages comme des images.
On y est donc "à fond dedans", on y croit, les grands-parents de 60 et 70 ans se rappelleront leur enfance, les arrière-grands-parents se souviendront de leur jeunesse et aujourd’hui les enfants joueront avec aussi ! Et les parents d’aujourd’hui ? Ben oui, il manquait une génération, sinon.
C’est tout de même incroyable cette force d’observation qu’on les dessinateurs pour nous faire entrer dans un univers, non ?
Le format de l’image, c’est 100 par 55 cm. Elle est en forme de paravent, elle tient donc toute seule debout et on peut aussi l’accrocher au mur, dans n’importe quelle pièce de la maison ou des dépendances. Du moment que ça fait plaisir.

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Plumes de brigands 59

Yasukecouv Yasuke

Fréderic Marais (textes et illustrations) - éditions Les fourmis rouges

Yasuke... l’incroyable histoire d’un esclave noir au XVIè siècle qui devient un samouraï.

Ce récit est inspiré de la vie de Kuru-sanYasuke.

Le texte et les images sont d’une extrême sobriété, au service de l’essentiel d’une histoire fabuleuse qui a tout d’une légende.

Des correspondances de formes, de signes, de couleurs d’une page à l’autre, un terrible jeu sur les regards des personnages, qui brillent par leur absence et leur présence. La splendeur de cet homme qui défie presque toutes les lois, y compris celle de la Nature pour parvenir tout simplement à être un Homme.

 
YASUKE février 15

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