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Plumes de brigands

Le rendez-vous littérature jeunesse

Plumes de brigands, émission littéraire sur Radio Royans Lisa bienvenu sur Radio Royans patrice Gaelle à la technique sur Radio Royans

Présenté par Lisa Bienvenu et Patrice Gilman
Gaëlle à la technique

 
Radio Royans

 mardi 7h45 - mercredi à 10h30 -hebdomadaire-

site Plumes de brigands emission

Plumes de brigands 150

 Des livres qui font marrer

Par là m’ssieurs dames la chronique radio !
lili la loutre    petite histoire pour effrayer les ogres

Déjà, on parle de On a un problème avec Lilou la loutre, d’Orbie, aux éditions fonfon, qu’est juste fait pour s’marrer, mais franchement. Ensuite on parle de Petite histoire pour effrayer les ogres de Pierrette Dubé et Guillaume Perreault, aux éditions les 400 coups, qu’est drôle et grinçant (très) !

Ensuite on fait un micro tour d’horizon de livres qui font rire, évidemment c’est subjectif. Vous trouverez une partie des références en cliquant làdssous.

Des livres qui font marrer

trop super tyranie Et j’ajoute, pour l’esprit !

La série des trop super d’Henri Meunier et Nathalie Choux, chez Actes Sud, pour s’marrer avec ses enfants, qui rappelle un peu Lilou la loutre par certains aspects. Et puis la famille ogre, d’Henri Meunier aussi tout court (mais pas raccourci par les ogres à ma connaissance) à l’atelier du poisson soluble. Pour le côté grinçant. Mais il est épuisé, celui-là, hahaha !! Chez cet éditeur, il y a des livres de Jean Gourounas. Jean Gourounas qui est aussi au Rouergue. L’entièreté de Jean Gourounas est drôle ! C’est pour les tout-petits et les très grands, ça fait marrer tout le monde !

Lisa

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Plumes de brigands 149

sept jours 7 jours et après

Auteur : Thomas Scotto ; illustrations : Annelore Parot - Editions Gauthier Languereau - 2018

 

C’est l’histoire de la vie (oui, je vous entends fredonner d’ici mais quand même, un peu de ccchhhut s’il vous plaît). Et en même temps, la vie c’est une somme d’histoires. Et oui. Ce qui frappe dans ce texte, c’est qu’on a le sentiment que Thomas Scotto dessine réellement une histoire avec des mots.La narration n’est pas tout de suite évidente et en plus il peut y avoir plusieurs histoires.

 

 

 

Mais non, allez. On le sentiment, là, que tout est déjà présent dans nos vies, dans nos histoires, sur la terre, dans l’univers et qu’il suffit parfois de soulever délicatement et avec précision un petit bout du rideau qui cache la vue pour y voir plus clair. Ce texte-là, est accompagné des brillantes (dans les 2 sens du terme) illustrations d’Annelore Parot. Elles racontent le rien, la nature, le tout, le bouillonnement de la vie. Elles sont noires, blanches, grises et dorées. Pas vraiment de couleur donc. De la sobriété dans les teintes et des formes jaillissantes pour évoquer l’effervescence de la vie. C’est un joli choix. Le format de l’album est aussi touchant. Il est grand, visible et en même temps discret. Tout en longueur, les illustrations et le texte semblent enfermés et tout raconte l’irrépressible besoin de s’échapper, de sortir du cadre et de s’épanouir librement et tranquillement. L’un et l’autre se subliment et pour une fois, ce qui brille n’est pas pacotille. La vie, ça vaut de l’or.

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 148

jouer dehors Jouer dehors

Auteur : Laurent Moreau - éditions Hélium- 2018

 

Jouer dehors... découvrir la nature, voyager loin, très loin, parfois très très loin sans s’en apercevoir ! Rien qu’en ouvrant la porte, passer de la banquise à la toundra, dans les océans, la jungle asiatique...

C’est le risque que prend cette maman de 2 enfants en les envoyant Jouer dehors ! Elle n’est pas au bout de ses surprises, nous non plus d’ailleurs ! Regardons donc aussi attentivement le frère et la sœur se balader d’une page à l’autre, c’est assez amusant. Ecoutez-donc, zouip, par là !


Lisa


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Plumes de brigands 147

banquise blues Banquise blues

Auteur : Jory John ; illustrateur : Lane Smith - éditions Gallimard jeunesse- 2017

 

A la radio, par là les enfants !

C’est l’histoire d’un pingouin.

"Il est beaucoup trop tôt. J’ai le bec complètement gelé. Oui je râle, et alors ?"

C’est bien les histoires de pingouin


Lisa Bienvenu


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Plumes de brigands 146

ezbieta Hommage à Ezbieta

 

J’aimerais vous parler d’Elzbieta, une immense artiste de la littérature jeunesse, d’abord plasticienne avant de « faire des livres pour les enfants ». Elle a disparu en Octobre 2018. Elle était née en Pologne en 1936. Elle n’avait pas son pareil pour écrire des histoires avec une grave légèreté qui à mon avis caractérise l’état d’enfance, de manière innocente et consciente en même temps. Elle a vécu la guerre (39-45), l’exil, l’abandon, la maltraitance, elle est morcelée. Depuis toute petite, elle sait qu’elle veut être artiste. Très tôt elle s’échappe dans l’imaginaire, elle est élevée par des tantes, qu’elle appelle « ses fées ».

 

 

 

Son premier livre paru aux Etats-Unis en 1972, est Little mops qui raconte des petits moments de la vie de Mops. Sans texte, d’ une simplicité enfantine et évidente. Il est sorti au Rouergue en 2009. On peut aussi parler de Flon-Flon et Musette, sur la guerre, Petit-Gris, sur la pauvreté, ou bien Grimoire de Sorcière ou Echelle de Magicien, fantaisistes qui racontent des mystères secrets et insolubles.

Elle a des univers graphiques très différents et en même temps on les reconnaît. Elle dit pourquoi dans son livre l’enfance de l’art, publié au Rouergue en 1997, dans lequel elle raconte son travail, son rapport à l’enfance à travers la sienne et au monde des adultes. C’est fluide, grave, léger et fantaisiste en même temps ! Une citation : « L’enfant et l’artiste habitent le même pays. C’est une contrée sans frontières. Un lieu de transformations et de métamorphoses ». Pas bien confortable mais bien joli !

A propos de l’enfance de l’art Offert en 2000 par mes grands-parents pour un premier Noël passé sans ma famille depuis toute petite. A l’époque j’y avais déjà trouvé de fortes résonances de tout ce que m’inspirait la littérature jeunesse, dans son rapport à l’enfance et à l’adulte, ce livre m’a donné confiance dans mes intuitions. Je le relis aujourd’hui et j’y trouve toujours du réconfort dans ma pensée et de nouveaux échos, parce que j’ai grandi, que mon métier s’exerce dans cet univers.

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 145

jungle Jungle

Auteur : Helen Borten- Editions de La Martinière jeunesse - 2018

Hmmm... qu’il est beau ce livre...

Helen Borten est une artiste américaine. Ses livres sont parus aux Etats-Unis dans les années 60. Elle s’intéresse à la nature, au temps (météo) et aux questions scientifiques que les enfants peuvent se poser sur le fonctionnement du monde. Elle travaille l’illustration comme une matière et utilise ainsi de nombreuses techniques : collage, peinture, jeu avec les techniques d’impression et gravure sur bois. C’est le procédé utilisé pour Jungle. Associé à son écriture, ce livre est un magnifique et très humble hommage à la nature, dans tout ce qu’elle a de plus grand et fascinant.

 

 

 

...et de sentir les pleins et les creux sous ses doigts. Avec les couleurs mates, on a une impression de flou : une faune et une flore à découvrir, derrière la brume et entre les lianes de la jungle.

Le texte a été merveilleusement traduit par Shaïne Cassim, écrivaine, traductrice, femme de lettres. C’est un enchantement pour les oreilles, on entend à la fois les bruits de la jungle à travers les images mentales que l’on se construit et à travers le jeu avec les sonorités, le rythme.

Le livre commence avec "un nouveau jour qui commence" et se termine sur "un nouveau jour naîtra dans le mystérieux monde vert qui commence là, juste en-dessous." C’est le cycle de la vie, l’éternelle promesse d’un jour nouveau, quoi qu’il se passe. Alors c’est plutôt rassurant. Cet album laisse une empreinte... c’est un documentaire écrit et dessiné comme une oeuvre d’art. On sent tout l’amour de la nature et l’envie de nous la faire découvrir. On se laisse bercer, les sens à la fois caressés et chatouillés !

Hmmm...

Me vient quand même dans la tête ce petit générique de dessin animé "George, George, George of the jungle"... pardon...

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 144

la nuit de berk La nuit de Berk

Auteur : Julien Béziat- 2018

Chronique radio par là les enfants !

C’est une autre histoire de Berk le doudou canard. Vous l’avez peut-être déjà vu dans le mange doudou ou le bain de Berk. Là, c’est la nuit de Berk, une histoire (classique ?) de doudou oublié à l’école. Pas si classique que ça parce qu’elle fiche un peu la trouille et pour une histoire de doudou, ce n’est pas très commun... menons l’enquête...

 

 

 

...comme un voleur qui tente de s’échapper. L’image est sombre, très sombre. Il a fait une bêtise, Berk ? Premières pages de gardes : toujours aussi sombres, décidément, ça ne présage rien de bon, tout ça. Pages suivantes ? Plus claires, mais Berk est dans la poubelle et le chat sur le dessin lui jette un regard plus que suspect. Ah, on voit une lampe, un pot de peinture verte, des pinceaux. La poubelle est celle d’un bureau. Bon, rien de très terrifiant donc. Allez, on y va. Grand jour, couloir d’une école maternelle, cartables accrochés, chaussures et doudous posés. Et puis... rooo, un ogre, un monstre, un lapin masqué, un loup et une sorcière accrochés au mur. Un peu inquiétants surtout que ce ne sont pas n’importe lesquels ! L’enfant du doudou Berk raconte ce qui est arrivé à son canard, un truc terrible. Pages d’après, la même image, dans le noir, sauf que tous les cartables et tous les doudous sont partis. Sauf 2...

Et voilà Berk et Croc qui s’embarquent dans la classe.

Dans le noir, tout est différent, impressionnant. Julien Béziat joue avec l’ ombre et la lumière pour transformer la perception des éléments du quotidien si rassurants des enfants. Les enfants aiment se faire peur, c’est nécessaire. La plupart du temps, ils ont peu l’occasion d’avoir des peurs qui les mettent en danger "réel", aujourd’hui, en France. Alors ils les inventent à partir de ce qui constitue leur quotidien. Sans que personne ne leur souffle l’idée. Sprouitch !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 143

mon chien Mon chien, papa et moi

Auteurs : Raphaële Frier et Marc Daniau ; illustration : Marc Daniau - A pas de loups- 2018

On a ri et écarquillé les yeux, on s’est dit "Mais qu’est-ce que c’est cette histoire ?" On s’est aussi dit que c’était n’importe quoi et qu’on aimait beaucoup les dessins. C’est un bon début, pour aimer un livre. ça commence par une histoire d’odeur de tabac dans une famille monoparentale, dans laquelle le père vit seul avec son fils. Chacun est persuadé que l’autre fume : le fils est très énervé parce que son père a repris la cigarette, le père est en pétard, son fils (qui a dû passablement l’enquiquiner pour qu’il arrête de fumer) a commencé. Nom d’un chien. Qui tousse.

 

 

 

...il adopte également certains défauts humains : le chantage et la mauvaise foi témoignage d’un esprit calculateur. Et comme ce sont des travers qui sont drôles alors on rit. On aime bien les dessins du livre... l’affiche dans le salon "La planète des chiens" qui nous annonce la prochaine main mise canine sur le monde des humains, parce que l’ère de suprématie de l’homme est terminée.

Hop, fin d’une civilisation. On aime les jouets en bazar dans la chambre du garçon, témoignage de son imagination sans limite mais pas n’importe comment. Pourquoi tout ne serait pas possible dans la tête ? On aime les boîtes de conserve, les sandwichs et les bonbons en vrac sous le canapé. On aime les sourcils des personnages qui donnent une idée de ce qui se passe dans leur tête. Et on aime s’y retrouver, parce qu’on y décèle de la grogne et aussi beaucoup de contentement. On aime, tout court et simplement.

Ce livre est comme un pavé dans la mare de la "bien-pensance" et de la "bienveillance" dans le mauvais sens du terme. Ces idées lisses et rondes. Il est comme un pur élan de vie... ce "pourquoi pas" qui fait parfois tant de différence ! Ce livre est drôle, impertinent et vivant et joyeux ! Il est donc bienveillant à l’égard des enfants puisqu’il les encourage à être impertinent !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 142

nous étions 10 Nous étions dix

Auteure : Nine Antico - Albin Michel Jeunesse- 2018

Ce livre m’a sauté dans les mains à la libraire, dites-donc : le titre, le doré et le bleu fascinant sur la couverture et puis le nom de l’auteure, oui, parfois ça peut jouer aussi sur le mystère et l’attirance que l’on a pour un livre. C’est l’histoire d’une bande de gosse qui part à l’aventure, ils sont dix et au fil du chemin, ils se retrouvent 9, puis 8, 7... jusqu’à ce que Rosie, la narratrice se retrouve toute seule

 

 

 

Parce que, quand on l’a lu, la lecture est largement teintée de cette ambiance et pas très réconfortante... plutôt flippante, mais jubilatoire. Si vous n’avez pas lu, rassurez-vous, c’est un peu pareil.

"Mais, que deviennent les enfants qui disparaissent ? me dit un jour un monsieur à qui je l’ai lu ? - Je ne sais pas, ils sont rentrés dans la maison peut-être ? Ou pas !" Les enfants disparaissent tous pour une très bonne raison : "Mais Joachim a préféré retrouver sa couette et son oreiller", nous dit le texte. Mais, pas l’image. Il en est ainsi de chaque enfant qui abandonne l’aventure : une raison plausible, mais jamais représentée, le décalage entre le texte et l’image est un gouffre pour tout envisager, du plus drôle au pire. Le texte peut rappeler Dix petits nègres, roman policier d’Agatha Christie dans lequel des personnages qui ne se connaissent pas se retrouvent sur une île dans une grande demeure, invités par quelqu’un de mystérieux qui les assassinent en suivant une comptine. Dans ce livre, le texte, sous forme de comptine n’a rien de terrifiant, au contraire, il ressemble plutôt à un chant d’aventure, il est rythmé et structuré :

"Nous étions 10 et RIEN, ABSOLUMENT RIEN ne nous effrayait..." Une expression revient aussi : "Rien, rien, rien Ne nous..." S’ensuit justement ce qui les sépare.

Et au fil des pages, l’aplomb face au danger disparaît avec les enfants. Le peur est tapie dans l’ombre, pour mieux surgir par surprise.

Ce qui est attire l’œil, d’abord dans ce livre, ce sont les images, les couleurs, les dessins des personnages encore jamais rencontrés dans un album. C’est précieux et somptueux, il y a du doré qui brille sur la couverture et des bleus nuit d’une incroyable intensité. Il y a cette petite lumière jaune vif celle de la lampe de poche qui brise le noir de la nuit. Et puis ces enfants, qui sont-ils ? Des cousins en vacances dans la maison de famille au bord de la mer ? Ils sont déguisés ou appartiennent à une autre époque que la nôtre ? Ils sont en colonie de vacances ?

Cet album est somptueux : le livre est précieux, dans la forme, sa mise en page, le soin accordé au papier, aux couleurs et il l’est d’autant plus qu’il s’adresse, il me semble, à ce qu’il y a de plus enfantin et humain en nous : le désir d’aventures, de braver les interdits quoi qu’il arrive, l’envie de se faire peur, mais de manière maîtrisée, le besoin d’incarner des personnages qui n’existent pas de se prendre pour un autre et puis... Albin Michel Jeunesse...

Collection Trapèze : en géométrie, un trapèze c’est droit, mais on a du mal à l’identifier, un peu carré, un peu rectangle ? Ce livre, c’est un peu pareil, on ne peut pas vraiment le mettre dans une case

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 141

a moi A moi !

Auteure : Marine Rivoal - éditions Le Rouergue- 2018

Ours blanc est le roi de la piste... non pardon, de la glisse..., encore pardon, de la glace. La banquise lui appartient. Pour toujours, sauf quand il n’y a plus de banquise. Cet album parle parfaitement aux très petits qui entrent dans la vie, sont donc absolument tout puissants et s’étonnent aussi du monde. Il parle aussi totalement aux adultes qui ont des très-petits et à ceux qui en ont eu... et même à ceux qui n’en pas et n’en auront jamais.

 

 

 

...ou presque sur sa banquise dans les premières pages. Il grogne très fort debout sur ses deux pattes, mais sous ses pas, la glace se brise. Plus elle se brise, plus d’autres animaux marins et oiseaux arrivent dans les pages. Manière de dire que l’eau et l’air se réchauffent... pieuvres, méduses et ours blanc se retrouvent donc au même endroit.

Ils partagent l’océan avec des morceaux de plastiques verts et jaunes, tâches sur les bleus de l’album. Sans plus de banquise, notre ours ne sait où poser les pattes, une baleine lui offre un refuge, une île. Il est bien, mais cela peut-il durer ? Et est-il toujours le plus fort, le plus grand ? Cet ours et cette banquise dont les tailles varient dans la page parlent vraiment bien de la toute puissance enfantine (de l’homme tout simplement ?) et des ravages de l’accélération du réchauffement climatique, dû aux activités humaines. Et il est très drôle à lire à voix haute, ce qui ne gâche rien !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 140

léon Léon, le plus petit des grands explorateurs

Auteur : Jo Witek ; illustrateur : Stéphane Kiehl - Saltimbanques éditions - 2017

Léon est un petit garçon lunaire, j’aime à dire qu’il fait l’école buissonnière dans sa tête. Sur la plage, il pense à ses crayons de couleurs... et quand la voix des parents surgit en plein milieu de ses pensées, c’est assez douloureux, même si c’est drôle ! Et dans l’eau, vous êtes-vous déjà retourné en cherchant un (vain) point de repère ? Oui, évidemment. Et évidemment que ça arrive à Léon, et oui bien sûr la voix de ses parents surgit de nulle part pour le rassurer !

 

 

 

...il la préfère dans un coquillage collé à son oreille, allongé dans l’herbe et c’est très bien comme ça. Les mots de Jo Witek semblent sortir de la tête de Léon, on le suit parfaitement dans ses pensées, grandes comme le monde entier, comme quand on était petit... toujours un peu à côté, à ne jamais faire ou sentir comme les autres, mais à faire un effort quand même, tout en sentant ce qui est juste pour soi. ça vous dit quelque chose ? Ses mots-là sont en délicat "décalage" avec les illustrations fines, fraîches et dynamiques de Stéphane Kiehl, qui rappellent les dessins de presse féminine d’été, à la mode par excellence. C’est sûr il y a de l’amusement dans l’air ! Et c’est sûr, on y est à la mer et en vacances ! Avant d’être un explorateur, Léon a été un extra-terrestre, oui, on a les ambitions de son âge et pourvu qu’elles durent !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 139

buffalo bill Buffalo Bill

Auteur : Taï-Marc Le Thanh ; illustratrice : Lucile Piketty - éditions Seuil jeunesse- 2017

Quel livre !

William Cody (alias Buffalo Bill) est au seuil de sa vie, installé dans un fauteuil à bascule, une couverture sur les jambes, dans sa cabane de rondins, au cœur de la forêt. Le Grand Esprit du bison lui rend visite et lui pose cette question :"Es-tu en paix avec toi-même ?" William Cody réfléchit, prend son temps et commence à raconter : son enfance et son adolescence, passées à s’ennuyer, avec le regard porté toujours loin, poussé par l’appel de l’Ouest Sauvage.

Il apprend à monter à cheval et apporte le courrier dans tout l’ouest, il apprend à tirer, la guerre puis la chasse jusqu’à décimer un troupeau de bison pour nourrir les ouvriers qui travaillent sur le chemin de fer, celui qui mènera les hommes vers l’or. Il devient alors Buffalo Bill et construit sa légende...

 

 

 

 ...avec cet irrésistible appel de la liberté et du droit à rêver à n’importe quel prix. Je dis bien n’importe lequel. Ces histoires-là sont fascinantes parce qu’elles incarnent le besoin que l’Homme a à se construire des légendes merveilleuses pour masquer la sauvagerie dont il est capable afin d’aller au bout de son désir. Très souvent cette soif de liberté, cette insatiable curiosité se fait au détriment de l’Autre et aboutit à de grandes découvertes pour l’humanité. Mais le mal est fait et bien là, toujours. Au seuil de sa vie, pour partir tranquillement il faut pouvoir se regarder en face et admettre certaines monstruosités. C’est le questionnement incarné par le Grand Esprit du bison.

L’écriture de Taï-Marc Le Than est factuelle, reflétant ainsi la position du grand Esprit du bison qui inlassablement pose la même question "Es-tu en paix avec toi-même ?" et pousse ainsi Buffalo Bill dans ses retranchements. Ce texte se lit comme un grand souffle, une dernière respiration, profonde et qui n’aura pas de réponse.

Chaque phrase résonne, dans une ambiance sourde, ouatée. Le dessin de Lucile Piketty est "réaliste" et nous emmène vraiment dans l’Ouest américain, les cow-boy, les indiens, les trains, les chevaux, les bisons...On y est. Les couleurs ressemblent à celles du crépuscule, qui fait apparaître parfois des teintes surréalistes. On hésite entre le rêve et la réalité, on est fasciné, on ne sait pas vraiment où se situer. On est entre deux mondes, deux univers, deux atmosphères. Le moment où l’esprit peut facilement s’égarer.

Un livre à la fois grave et absolument merveilleux !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 138

la disparition de choux La disparition de choux

Auteur : Stéphanie Demasse-Pottier et Elodie Perrotin ; illustratrice : Elodie Perrotin - éditions L'étagère du bas - 2018

Lola a trois ans et vit avec ses parents. Il y asse...n aussi Chou, son doudou koala. Ces deux-là forment un duo inséparable. Mais, un jour, c'est la catastrophe: Chou est introuvable. Il a disparu ! Lola et ses parents le cherchent partout et mettent des avis de recherche dans toute la ville. Aucune réponse et le temps passe...

Note de l'éditeur

 

 

 A suivre

 

.

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 137

pour andrée Pour Andrée

Auteure : Sophie Vissière - éditions Hélium- 2018

Tiens donc, semblerait qu’il y ait un anniversaire ! "Pour Andrée".

"Pour" : ce mot est plein, tout entier consacré à une personne. Il suggère le don sans concession. Même écrit à la volée sur un morceau de papier ça veut dire qu’il est tout destiné à une personne.

Ce n’est pas pareil quand on écrit juste "Andrée" sur un bout de papier ou un cadeau. Il n’y a pas simplement un mot en moins, il y a toute la dimension affective et c’est immense comme différence !

 

 

 

...jusqu’au bout des ongles. Comme le livre lui-même "jusquauboutiste" qui s’amuse avec l’idée des emballages cadeaux... d’ailleurs, ce sont bien avec les papiers que les enfants s’amusent le plus, non ? Le papier est épais, on sent le grain sous la main, les couleurs sont extrêmement douces, elles semblent réalisées au pochoir, délicatement. L’attitude des personnes est très décidée, tout le monde y va, hop-là !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 136

ma soeur est une brute Ma soeur est une brute épaisse

Alice de Nussy et Sandrine Bonini ; illustrateur : Sandrine Bonini - éditions Grasset- 2018

Je vous livre ici, sans tarder et en exclusivité le fond de ma pensée concernant les livres et le féminisme ! HAHAHA !!

Plus simplement, voilà les mots que j’ai envoyés à l’éditrice, Valéria Vanguelov, quelques minutes après la lecture. "Je suis très sensible à la cause féministe, mais l’aspect didactique de beaucoup de livres (notamment pour les enfants) me hérisse le poil !

J’aime simplement les histoires bien faites et sincères, sans autre prétexte que celui de raconter une bonne histoire avec conviction. Pour moi, c’est le cas de ma sœur est une brute épaisse et franchement, on respire avec ce livre !"

Maintenant, vous pouvez écouter le podcast.

 

Lisa Bienvenu


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Plumes de brigands 135

magisk magi Magisk Magi !

Auteur : Alfred et Régis Lejonc -  les éditions de la Gouttière  -2018 -

C’est l’histoire d’un tic-tac qui se prend pour un magicien, qui ne maîtrise absolument rien des effets de sa baguette mais qui s’acharne parce que. Magisk Magi ! est d’abord paru sous le titre Magie Magie, aux éditions Thierry Magnier, tout petit format en noir et blanc.

BD de poche, par les mêmes auteurs exactement. Avec ce format et ces couleurs, tout devient beaucoup plus accessible à tout le monde ! BD avec très peu de texte : des onomatopées et quelques sons produits, écrits en alphabet français avec parfois d’étranges signes, qui restent parfaitement lisibles mais qui nous font tout drôle.

 

 

 

(un bonhomme qui ressemble à un tic-tac) devant une émission de magie à la télé : le magicien transforme le lapin en... splendide jeune-femme ! Tiens, mais le petit bonhomme tic-tac a un lapin a côté de lui. Hop hop hop (l’escalope), il va illico presto au magasin pour chercher une boîte de magie. Mais... le lapin ne se transforme pas en splendide jeune-femme, non. En poulpe géant qui cherche à l’embrasser très fort. Alors le petit bonhomme tic-tac s’échappe et transforme à peu près tout ce qu’il trouve sur son passage. A la fin... non, je ne dis rien, la chute est totalement inattendue ! Sachez seulement que ce petit livre nous donne à voir une suite de gags burlesques, à la Buster Keaton (sans le désespoir) avec en toile de fond un bon nanar... genre l’attaque de la moussaka géante, de Panos H. Koutras. Non, je ne mets pas de lien pour que vous ayez un accès facile à la BA. ça se mérite, faut chercher... pom, pom, pom. Sachez aussi que ce livre a fait rire aux éclats une petite fille de 2 ans 1/2, un petit garçon de (presque) 6 ans, un autre de 9 ans 1/2 et puis des adultes entre 40 et 50 ans. C’est pour l’instant, tout ce que j’ai vérifié.

 

Lisa Bienvenu

 

  

 

bob et marley Bob et Marley, la nuit

Auteurs et illustrateurs :Frédéric Marais et Thierry Dedieu- Seuil jeunesse - 2018

 

Bob et Marley sont deux ours, deux copains. Ensemble, ils vivent les grandes aventures de la vie quotidienne. Parce que pour les petits, tout est grand au début de la vie, c’est quand on grandit que la vie devient petite. D’ailleurs il faudrait peut-être veiller à rester un peu petit dans sa tête, pour continuer à trouver grand tout ce qu’offre la vie !

Je vous ai perdu ?

 

 

C’est la nuit, presque très noire, quelques étoiles scintillent, mais globalement, on n’y voit pas grand-chose. Sauf Bob et Marley, dont les visages très expressifs apparaissent très nettement. La nuit tombe, Marley dort, pas Bob qui demande à Marley s’il dort. Evidemment, ça le réveille. Et Bob, tout doucement parce qu’il a du mal à dire qu’il a peur du noir, demande à son copain, s’il a déjà eu peur.

Et là, son angoisse du noir monte, Marley le sent bien et tente, à sa manière de rassurer son copain. Jusqu’à lui suggérer de rester éveiller... ce que fait Bob... ce qui donne lieu à une suite d’images tordantes : Bob luttant contre le sommeil. Et à la fin... et non, pas là, je ne dis rien tiens ! Une phrase par double-page : terriblement efficace pour jouer avec le rythme, le silence. Bob et Marley sont des copains qui ne s’épargnent rien mais font tout de même vraiment attention l’un à l’autre.

Est-on en droit de soupçonner qu’ils sont à l’image de leurs créateurs ?

 

 Lisa Bienvenu

 

 Dans la même série donc : Le Cadeau, Les Ricochets, La Maison, Le Monstre et Une partie de pêche entre amis. !

 

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Plumes de brigands 134

le cerf volant Le cerf-volant de Toshiro

Auteur : Ghislaine Roman ; illustrateur : Stéphane Nicolet - éditions Nathan- 2018

C’est l’histoire d’un grand-père et son petit-fils, Toshiro, dans un Japon un peu mythique, un mélange de dureté soigneusement tue et d’extrême légèreté. Ensemble, Toshiro et son grand-père fabriquent un cerf-volant : un dragon émeraude sur fond rouge qui fait leur bonheur à tous les 2 et ne va cesser de les occuper à travers les saisons. Toshiro ne s’exprime que par les regards et l’action, son grand-père est à présent courbé, usé par la vie. Pour que son grand-père puisse voir le cerf-volant dans le ciel, Toshiro le conduit devant une flaque d’eau dans laquelle le cerf-volant se reflète.

 

 

 et c’est toute la patience de son grand-père, qui n’attend rien de Toshiro et surtout pas qu’il parle qui vont finir par lui (re)donner la parole. Ils aiment tellement être ensemble et partager que chacun développe pour l’autre des stratégies très poétiques pour rendre les choses de la vie accessibles. Les illustrations sont fines, légères et soulignent la force et l’amour qui unit Toshiro à son grand-père : sur la première double-page, ils ne forment qu’un, cette montagne d’amour se retrouve ensuite dans la forme des paysages. Et on ressent toute la délicatesse dans le dessin des branches de cerisier japonais et les flocons de neige que Toshiro laisse se déposer sur sa langue.

L’écriture de Ghislaine Roman se découvre vraiment, rien n’est artificiel, laissé au hasard. Les mots, les phrases, le rythme, tout est fait pour que l’histoire principale soit "comprise" à la première lecture et que l’on puisse revenir sur le texte et en découvrir toutes les rides, tout ce qui a conduit à ce qui est si simple et évident. La fin de cette histoire est d’une très grande beauté... je vais tenter de vous la suggérer. Quand Toshiro ouvre la bouche, on a le sentiment qu’il souffle de la buée sur une vitre, et c’est quand cette buée disparaît que le dessin apparaît. C’est de cette manière qu’il donne à voir à son grand-père le cerf-volant dans le ciel, en en décrivant les contours, les couleurs, les émotions.

J’ai entendu Ghislaine Roman dire qu’elle était au service des images, tout, absolument tout le dit dans son écriture, c’est dire la force de suggestion de ses mots.

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 133

lili crochette t3 Lili Crochette et Monsieur Mouche - Tome 3 - Sacrilège au p'tit dej'

Auteur : Joris Chamblain ; illustrateur : Olivier Supiot - Les éditions de la gouttière- 2018

Autant vous le dire, il y a une grande passion pour cette toute petite BD à la maison. Quand elle arrive, mon fils Milo de 9 ans 1/2 se précipite dessus, c’est ensuite à mon tour et le soir, je (Lisa, 40 ans un peu tassés) la lui lis dans son lit. Entre les deux, le plus petit Zachary, 3 ans 1/2 commence aussi à réclamer et à rigoler très franchement... mais oui, il nous voit exploser de rire quand on la lit ! C’est dit

 

 

 Elle a un sacré carafon, elle déteste être contrariée : dans cette aventure les sirènes lui ont coulé son p’tit déj, alors elle part le chercher… il y a toujours un lien entre ses affaires et celles de son père et c’est toujours parce qu’elle est têtue comme une mule et d’une mauvaise foi sans nom qu’elle résout son problème de manière toute filoute, en détournant complètement l’autorité de son père et de sa nounou.

Malgré son insolence et son irrévérence, personne ne peut rien lui dire... elle s’en sort magnifiquement parce qu’elle fait tout rentrer dans l’ordre... à sa manière. Tout est absolument savoureux dans cette Bd ! Sur la toute première grande case aux allures d’île paradisiaque, un énorme BEUARK vient s’étaler sur la page, marquant l’impolitesse totale d’Elisabeth. "Ah vous avez coulé mon pudding, hein" hurle-t-elle de mécontentement ! Bien, elle entre dans sa cabane et se transforme en... Lili Crochette accompagné de Monsieur Mouche !

Les dialogues sont délicieux, les onomatopées reflètent à merveille le bruit et le désordre que Lili sème sur son passage, laissant tout le monde, sans voix et sur le carreau ! Les couleurs font mouche aussi : le navire Émeraude est d’un très beau vert émeraude, les fonds marins sont d’un bleu magnifique et le regard tantôt vert tantôt bleu de Lili nous happe littéralement !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 132

ruby Ruby tête haute

Auteur : Irène Cohen-Janca ; illustrateur : Marc Daniau - Les éditions des éléphants- 2017

C’est l’histoire vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer l’école des enfants blancs aux Etats-unis, en 1963. Elle habite en Lousianne et même si depuis 1950 l’idée d’égalité des droits évolue, même si en 1960 la Cour Suprême des Etats-Unis impose la fin de la ségrégation dans les écoles, le racisme est toujours présent et violent.Le livre part d’un tableau de Norman Rockwell (The problem We All Live With), qu’a rencontré Irène Cohen-Janca.

 

 

 elle est racontée par Nora, une enfant. La maîtresse d’école demande à ses élèves ce qu’ils ressentent en voyant ce tableau (de Norman Rockwell). Nora pense et rêve de ce tableau. La maîtresse laisse ses élèves sans réponse et c’est le lendemain qu’elle leur raconte l’histoire de Ruby Bridges, la fillette noire peinte sur le tableau. C’est alors la voix de Ruby Bridges qui sort du livre, son point de vue d’enfant sur les événements qui évidemment lui ont complètement échappés... le jour de la rentrée, elle met sa plus belle robe et monte dans la voiture des policiers, sans poser de questions.

Le livre se referme sur la salle de classe et le rêve de Nora. Toute cette mise en place de l’histoire est très intéressante et cohérente : - On y trouve l’idée de transmission avec l’école, l’importance d’y aller prend tout son sens, comme le devoir de mémoire. Et surtout, la nécessité de laisser imaginer, penser afin que les enfants cheminent et construisent leurs idées seuls. - On y trouve aussi l’idée de la fonction sociale d’une image et la lecture qu’on peut en faire, en fonction de l’époque. -

Adopter le point de vue de Ruby rend le récit totalement accessible aux enfants et permet de mettre en valeur de manière simple et évidente, la bêtise du racisme. La violence n’est pas gommée, mais Ruby n’en prend conscience que tardivement. Cela permet aussi de dire combien l’insouciance de l’enfance et sa foi en l’humanité sont une source d’espoir à entretenir pour l’avenir du monde. -

Les images de Marc Daniau reflètent aussi cette idée : elles sont centrées sur les personnages en mouvement, alors on y sent la vitalité, le dialogue, le partage. La position des bras attire l’œil... Regardez tout ce qu’ils racontent ces bras ! Levés, tranquillement le long du corps ou se balançant énergiquement quand les enfants marchent. A eux seuls, il disent beaucoup du rapport de force, de tranquillité ou d’aplomb entre les personnages. Les couleurs sont chaleureuses et même dans les images les plus sombres, la confiance n’est jamais loin.

A la toute fin du livre, une page simple et bien faite qui répond à nos interrogations, replace l’histoire dans son contexte : la ségrégation aux Etats-unis, Martin Luther King, Norman Rockwell et qu’est devenue Ruby Bridges. Une belle histoire, sacrément bien faite et remplie d’espoirs ! Ouf !

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 130

une histoire damour Une histoire d'amour

Auteur : Gilles Bachelet - éditions Seuil jeunesse- 2017

George et Josette se rencontrent et tombent très vite follement amoureux, c’est l’histoire de leur vie... Une histoire d’amour entre des gants Mapa® il faut quand même y penser, non ? Ils doivent être les seuls à avoir suffisamment de tenue et de plasticité pour permettre les tests en situation avant de pouvoir les dessiner. Les gants des autres marques n’ont pas cette classe-là

 

 

 on y croit : on sourit bêtement quand ils se rencontrent, on est heureux de voir leurs enfants naître, on s’offusque de la goujaterie de Monsieur, on tremblote quand Madame est malade, on...c’est la vie ! La piscine est le lieu de la rencontre de George et Josette : on découvre une théière toboggan, les subtils bonnets de bain sur un doigt de gant, un gant qui pousse l’autre. Dans leur nid d’amour, on devine des escargots sur la tapisserie à l’ancienne, le chien offert est une brosse à récurer, les verres, des dés à coudre, le lit de maternité, un porte-savon.

Les images sont truffées de détails tous très drôles pour leur cocasserie et jubilatoires parce qu’ils font référence à des livres, des films, de l’architecture (la tour de Pise)….d’autres livres de l’auteur qui eux-mêmes nous renvoient à d’autres références et clins d’œils ! ça n’en finit pas, on a de quoi se nourrir ! Le principe-même du livre est de détourner les objets de leur fonction première et d’utiliser leurs caractéristiques pour les rendre crédibles dans leur nouveau rôle : une tétine en plafonnier, un moulin à légumes en manège... et ça marche parce qu’on y croit complètement à cette histoire, on met un peu de temps à s’apercevoir de ces cocasseries, c’est assez fou !

Mais d’abord on rigole parce que ce livre raconte une histoire d’amour entre des gants Mapa®, voilà ! Et il y a une très grande tendresse qui passe dans cette histoire.

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

 

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