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Plumes de brigands

Le rendez-vous littérature jeunesse

Plumes de brigands, émission littéraire sur Radio Royans Lisa bienvenu sur Radio Royans patrice Gaelle à la technique sur Radio Royans

Présenté par Lisa Bienvenu et Patrice Gilman
Gaëlle à la technique

 
Radio Royans

 mardi 7h45 - mercredi à 10h30 -hebdomadaire-

site Plumes de brigands emission

Plumes de brigands 143

mon chien Mon chien, papa et moi

Auteurs : Raphaële Frier et Marc Daniau ; illustration : Marc Daniau - A pas de loups- 2018

On a ri et écarquillé les yeux, on s’est dit "Mais qu’est-ce que c’est cette histoire ?" On s’est aussi dit que c’était n’importe quoi et qu’on aimait beaucoup les dessins. C’est un bon début, pour aimer un livre. ça commence par une histoire d’odeur de tabac dans une famille monoparentale, dans laquelle le père vit seul avec son fils. Chacun est persuadé que l’autre fume : le fils est très énervé parce que son père a repris la cigarette, le père est en pétard, son fils (qui a dû passablement l’enquiquiner pour qu’il arrête de fumer) a commencé. Nom d’un chien. Qui tousse.

 

 

 

...il adopte également certains défauts humains : le chantage et la mauvaise foi témoignage d’un esprit calculateur. Et comme ce sont des travers qui sont drôles alors on rit. On aime bien les dessins du livre... l’affiche dans le salon "La planète des chiens" qui nous annonce la prochaine main mise canine sur le monde des humains, parce que l’ère de suprématie de l’homme est terminée.

Hop, fin d’une civilisation. On aime les jouets en bazar dans la chambre du garçon, témoignage de son imagination sans limite mais pas n’importe comment. Pourquoi tout ne serait pas possible dans la tête ? On aime les boîtes de conserve, les sandwichs et les bonbons en vrac sous le canapé. On aime les sourcils des personnages qui donnent une idée de ce qui se passe dans leur tête. Et on aime s’y retrouver, parce qu’on y décèle de la grogne et aussi beaucoup de contentement. On aime, tout court et simplement.

Ce livre est comme un pavé dans la mare de la "bien-pensance" et de la "bienveillance" dans le mauvais sens du terme. Ces idées lisses et rondes. Il est comme un pur élan de vie... ce "pourquoi pas" qui fait parfois tant de différence ! Ce livre est drôle, impertinent et vivant et joyeux ! Il est donc bienveillant à l’égard des enfants puisqu’il les encourage à être impertinent !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 142

nous étions 10 Nous étions dix

Auteure : Nine Antico - Albin Michel Jeunesse- 2018

Ce livre m’a sauté dans les mains à la libraire, dites-donc : le titre, le doré et le bleu fascinant sur la couverture et puis le nom de l’auteure, oui, parfois ça peut jouer aussi sur le mystère et l’attirance que l’on a pour un livre. C’est l’histoire d’une bande de gosse qui part à l’aventure, ils sont dix et au fil du chemin, ils se retrouvent 9, puis 8, 7... jusqu’à ce que Rosie, la narratrice se retrouve toute seule

 

 

 

Parce que, quand on l’a lu, la lecture est largement teintée de cette ambiance et pas très réconfortante... plutôt flippante, mais jubilatoire. Si vous n’avez pas lu, rassurez-vous, c’est un peu pareil.

"Mais, que deviennent les enfants qui disparaissent ? me dit un jour un monsieur à qui je l’ai lu ? - Je ne sais pas, ils sont rentrés dans la maison peut-être ? Ou pas !" Les enfants disparaissent tous pour une très bonne raison : "Mais Joachim a préféré retrouver sa couette et son oreiller", nous dit le texte. Mais, pas l’image. Il en est ainsi de chaque enfant qui abandonne l’aventure : une raison plausible, mais jamais représentée, le décalage entre le texte et l’image est un gouffre pour tout envisager, du plus drôle au pire. Le texte peut rappeler Dix petits nègres, roman policier d’Agatha Christie dans lequel des personnages qui ne se connaissent pas se retrouvent sur une île dans une grande demeure, invités par quelqu’un de mystérieux qui les assassinent en suivant une comptine. Dans ce livre, le texte, sous forme de comptine n’a rien de terrifiant, au contraire, il ressemble plutôt à un chant d’aventure, il est rythmé et structuré :

"Nous étions 10 et RIEN, ABSOLUMENT RIEN ne nous effrayait..." Une expression revient aussi : "Rien, rien, rien Ne nous..." S’ensuit justement ce qui les sépare.

Et au fil des pages, l’aplomb face au danger disparaît avec les enfants. Le peur est tapie dans l’ombre, pour mieux surgir par surprise.

Ce qui est attire l’œil, d’abord dans ce livre, ce sont les images, les couleurs, les dessins des personnages encore jamais rencontrés dans un album. C’est précieux et somptueux, il y a du doré qui brille sur la couverture et des bleus nuit d’une incroyable intensité. Il y a cette petite lumière jaune vif celle de la lampe de poche qui brise le noir de la nuit. Et puis ces enfants, qui sont-ils ? Des cousins en vacances dans la maison de famille au bord de la mer ? Ils sont déguisés ou appartiennent à une autre époque que la nôtre ? Ils sont en colonie de vacances ?

Cet album est somptueux : le livre est précieux, dans la forme, sa mise en page, le soin accordé au papier, aux couleurs et il l’est d’autant plus qu’il s’adresse, il me semble, à ce qu’il y a de plus enfantin et humain en nous : le désir d’aventures, de braver les interdits quoi qu’il arrive, l’envie de se faire peur, mais de manière maîtrisée, le besoin d’incarner des personnages qui n’existent pas de se prendre pour un autre et puis... Albin Michel Jeunesse...

Collection Trapèze : en géométrie, un trapèze c’est droit, mais on a du mal à l’identifier, un peu carré, un peu rectangle ? Ce livre, c’est un peu pareil, on ne peut pas vraiment le mettre dans une case

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 141

a moi A moi !

Auteure : Marine Rivoal - éditions Le Rouergue- 2018

Ours blanc est le roi de la piste... non pardon, de la glisse..., encore pardon, de la glace. La banquise lui appartient. Pour toujours, sauf quand il n’y a plus de banquise. Cet album parle parfaitement aux très petits qui entrent dans la vie, sont donc absolument tout puissants et s’étonnent aussi du monde. Il parle aussi totalement aux adultes qui ont des très-petits et à ceux qui en ont eu... et même à ceux qui n’en pas et n’en auront jamais.

 

 

 

...ou presque sur sa banquise dans les premières pages. Il grogne très fort debout sur ses deux pattes, mais sous ses pas, la glace se brise. Plus elle se brise, plus d’autres animaux marins et oiseaux arrivent dans les pages. Manière de dire que l’eau et l’air se réchauffent... pieuvres, méduses et ours blanc se retrouvent donc au même endroit.

Ils partagent l’océan avec des morceaux de plastiques verts et jaunes, tâches sur les bleus de l’album. Sans plus de banquise, notre ours ne sait où poser les pattes, une baleine lui offre un refuge, une île. Il est bien, mais cela peut-il durer ? Et est-il toujours le plus fort, le plus grand ? Cet ours et cette banquise dont les tailles varient dans la page parlent vraiment bien de la toute puissance enfantine (de l’homme tout simplement ?) et des ravages de l’accélération du réchauffement climatique, dû aux activités humaines. Et il est très drôle à lire à voix haute, ce qui ne gâche rien !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 140

léon Léon, le plus petit des grands explorateurs

Auteur : Jo Witek ; illustrateur : Stéphane Kiehl - Saltimbanques éditions - 2017

Léon est un petit garçon lunaire, j’aime à dire qu’il fait l’école buissonnière dans sa tête. Sur la plage, il pense à ses crayons de couleurs... et quand la voix des parents surgit en plein milieu de ses pensées, c’est assez douloureux, même si c’est drôle ! Et dans l’eau, vous êtes-vous déjà retourné en cherchant un (vain) point de repère ? Oui, évidemment. Et évidemment que ça arrive à Léon, et oui bien sûr la voix de ses parents surgit de nulle part pour le rassurer !

 

 

 

...il la préfère dans un coquillage collé à son oreille, allongé dans l’herbe et c’est très bien comme ça. Les mots de Jo Witek semblent sortir de la tête de Léon, on le suit parfaitement dans ses pensées, grandes comme le monde entier, comme quand on était petit... toujours un peu à côté, à ne jamais faire ou sentir comme les autres, mais à faire un effort quand même, tout en sentant ce qui est juste pour soi. ça vous dit quelque chose ? Ses mots-là sont en délicat "décalage" avec les illustrations fines, fraîches et dynamiques de Stéphane Kiehl, qui rappellent les dessins de presse féminine d’été, à la mode par excellence. C’est sûr il y a de l’amusement dans l’air ! Et c’est sûr, on y est à la mer et en vacances ! Avant d’être un explorateur, Léon a été un extra-terrestre, oui, on a les ambitions de son âge et pourvu qu’elles durent !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 139

buffalo bill Buffalo Bill

Auteur : Taï-Marc Le Thanh ; illustratrice : Lucile Piketty - éditions Seuil jeunesse- 2017

Quel livre !

William Cody (alias Buffalo Bill) est au seuil de sa vie, installé dans un fauteuil à bascule, une couverture sur les jambes, dans sa cabane de rondins, au cœur de la forêt. Le Grand Esprit du bison lui rend visite et lui pose cette question :"Es-tu en paix avec toi-même ?" William Cody réfléchit, prend son temps et commence à raconter : son enfance et son adolescence, passées à s’ennuyer, avec le regard porté toujours loin, poussé par l’appel de l’Ouest Sauvage.

Il apprend à monter à cheval et apporte le courrier dans tout l’ouest, il apprend à tirer, la guerre puis la chasse jusqu’à décimer un troupeau de bison pour nourrir les ouvriers qui travaillent sur le chemin de fer, celui qui mènera les hommes vers l’or. Il devient alors Buffalo Bill et construit sa légende...

 

 

 

 ...avec cet irrésistible appel de la liberté et du droit à rêver à n’importe quel prix. Je dis bien n’importe lequel. Ces histoires-là sont fascinantes parce qu’elles incarnent le besoin que l’Homme a à se construire des légendes merveilleuses pour masquer la sauvagerie dont il est capable afin d’aller au bout de son désir. Très souvent cette soif de liberté, cette insatiable curiosité se fait au détriment de l’Autre et aboutit à de grandes découvertes pour l’humanité. Mais le mal est fait et bien là, toujours. Au seuil de sa vie, pour partir tranquillement il faut pouvoir se regarder en face et admettre certaines monstruosités. C’est le questionnement incarné par le Grand Esprit du bison.

L’écriture de Taï-Marc Le Than est factuelle, reflétant ainsi la position du grand Esprit du bison qui inlassablement pose la même question "Es-tu en paix avec toi-même ?" et pousse ainsi Buffalo Bill dans ses retranchements. Ce texte se lit comme un grand souffle, une dernière respiration, profonde et qui n’aura pas de réponse.

Chaque phrase résonne, dans une ambiance sourde, ouatée. Le dessin de Lucile Piketty est "réaliste" et nous emmène vraiment dans l’Ouest américain, les cow-boy, les indiens, les trains, les chevaux, les bisons...On y est. Les couleurs ressemblent à celles du crépuscule, qui fait apparaître parfois des teintes surréalistes. On hésite entre le rêve et la réalité, on est fasciné, on ne sait pas vraiment où se situer. On est entre deux mondes, deux univers, deux atmosphères. Le moment où l’esprit peut facilement s’égarer.

Un livre à la fois grave et absolument merveilleux !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 138

la disparition de choux La disparition de choux

Auteur : Stéphanie Demasse-Pottier et Elodie Perrotin ; illustratrice : Elodie Perrotin - éditions L'étagère du bas - 2018

Lola a trois ans et vit avec ses parents. Il y asse...n aussi Chou, son doudou koala. Ces deux-là forment un duo inséparable. Mais, un jour, c'est la catastrophe: Chou est introuvable. Il a disparu ! Lola et ses parents le cherchent partout et mettent des avis de recherche dans toute la ville. Aucune réponse et le temps passe...

Note de l'éditeur

 

 

 A suivre

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 137

pour andrée Pour Andrée

Auteure : Sophie Vissière - éditions Hélium- 2018

Tiens donc, semblerait qu’il y ait un anniversaire ! "Pour Andrée".

"Pour" : ce mot est plein, tout entier consacré à une personne. Il suggère le don sans concession. Même écrit à la volée sur un morceau de papier ça veut dire qu’il est tout destiné à une personne.

Ce n’est pas pareil quand on écrit juste "Andrée" sur un bout de papier ou un cadeau. Il n’y a pas simplement un mot en moins, il y a toute la dimension affective et c’est immense comme différence !

 

 

 

...jusqu’au bout des ongles. Comme le livre lui-même "jusquauboutiste" qui s’amuse avec l’idée des emballages cadeaux... d’ailleurs, ce sont bien avec les papiers que les enfants s’amusent le plus, non ? Le papier est épais, on sent le grain sous la main, les couleurs sont extrêmement douces, elles semblent réalisées au pochoir, délicatement. L’attitude des personnes est très décidée, tout le monde y va, hop-là !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 136

ma soeur est une brute Ma soeur est une brute épaisse

Alice de Nussy et Sandrine Bonini ; illustrateur : Sandrine Bonini - éditions Grasset- 2018

Je vous livre ici, sans tarder et en exclusivité le fond de ma pensée concernant les livres et le féminisme ! HAHAHA !!

Plus simplement, voilà les mots que j’ai envoyés à l’éditrice, Valéria Vanguelov, quelques minutes après la lecture. "Je suis très sensible à la cause féministe, mais l’aspect didactique de beaucoup de livres (notamment pour les enfants) me hérisse le poil !

J’aime simplement les histoires bien faites et sincères, sans autre prétexte que celui de raconter une bonne histoire avec conviction. Pour moi, c’est le cas de ma sœur est une brute épaisse et franchement, on respire avec ce livre !"

Maintenant, vous pouvez écouter le podcast.

 

Lisa Bienvenu


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Plumes de brigands 135

magisk magi Magisk Magi !

Auteur : Alfred et Régis Lejonc -  les éditions de la Gouttière  -2018 -

C’est l’histoire d’un tic-tac qui se prend pour un magicien, qui ne maîtrise absolument rien des effets de sa baguette mais qui s’acharne parce que. Magisk Magi ! est d’abord paru sous le titre Magie Magie, aux éditions Thierry Magnier, tout petit format en noir et blanc.

BD de poche, par les mêmes auteurs exactement. Avec ce format et ces couleurs, tout devient beaucoup plus accessible à tout le monde ! BD avec très peu de texte : des onomatopées et quelques sons produits, écrits en alphabet français avec parfois d’étranges signes, qui restent parfaitement lisibles mais qui nous font tout drôle.

 

 

 

(un bonhomme qui ressemble à un tic-tac) devant une émission de magie à la télé : le magicien transforme le lapin en... splendide jeune-femme ! Tiens, mais le petit bonhomme tic-tac a un lapin a côté de lui. Hop hop hop (l’escalope), il va illico presto au magasin pour chercher une boîte de magie. Mais... le lapin ne se transforme pas en splendide jeune-femme, non. En poulpe géant qui cherche à l’embrasser très fort. Alors le petit bonhomme tic-tac s’échappe et transforme à peu près tout ce qu’il trouve sur son passage. A la fin... non, je ne dis rien, la chute est totalement inattendue ! Sachez seulement que ce petit livre nous donne à voir une suite de gags burlesques, à la Buster Keaton (sans le désespoir) avec en toile de fond un bon nanar... genre l’attaque de la moussaka géante, de Panos H. Koutras. Non, je ne mets pas de lien pour que vous ayez un accès facile à la BA. ça se mérite, faut chercher... pom, pom, pom. Sachez aussi que ce livre a fait rire aux éclats une petite fille de 2 ans 1/2, un petit garçon de (presque) 6 ans, un autre de 9 ans 1/2 et puis des adultes entre 40 et 50 ans. C’est pour l’instant, tout ce que j’ai vérifié.

 

Lisa Bienvenu

 

  

 

bob et marley Bob et Marley, la nuit

Auteurs et illustrateurs :Frédéric Marais et Thierry Dedieu- Seuil jeunesse - 2018

 

Bob et Marley sont deux ours, deux copains. Ensemble, ils vivent les grandes aventures de la vie quotidienne. Parce que pour les petits, tout est grand au début de la vie, c’est quand on grandit que la vie devient petite. D’ailleurs il faudrait peut-être veiller à rester un peu petit dans sa tête, pour continuer à trouver grand tout ce qu’offre la vie !

Je vous ai perdu ?

 

 

C’est la nuit, presque très noire, quelques étoiles scintillent, mais globalement, on n’y voit pas grand-chose. Sauf Bob et Marley, dont les visages très expressifs apparaissent très nettement. La nuit tombe, Marley dort, pas Bob qui demande à Marley s’il dort. Evidemment, ça le réveille. Et Bob, tout doucement parce qu’il a du mal à dire qu’il a peur du noir, demande à son copain, s’il a déjà eu peur.

Et là, son angoisse du noir monte, Marley le sent bien et tente, à sa manière de rassurer son copain. Jusqu’à lui suggérer de rester éveiller... ce que fait Bob... ce qui donne lieu à une suite d’images tordantes : Bob luttant contre le sommeil. Et à la fin... et non, pas là, je ne dis rien tiens ! Une phrase par double-page : terriblement efficace pour jouer avec le rythme, le silence. Bob et Marley sont des copains qui ne s’épargnent rien mais font tout de même vraiment attention l’un à l’autre.

Est-on en droit de soupçonner qu’ils sont à l’image de leurs créateurs ?

 

 Lisa Bienvenu

 

 Dans la même série donc : Le Cadeau, Les Ricochets, La Maison, Le Monstre et Une partie de pêche entre amis. !

 

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Plumes de brigands 134

le cerf volant Le cerf-volant de Toshiro

Auteur : Ghislaine Roman ; illustrateur : Stéphane Nicolet - éditions Nathan- 2018

C’est l’histoire d’un grand-père et son petit-fils, Toshiro, dans un Japon un peu mythique, un mélange de dureté soigneusement tue et d’extrême légèreté. Ensemble, Toshiro et son grand-père fabriquent un cerf-volant : un dragon émeraude sur fond rouge qui fait leur bonheur à tous les 2 et ne va cesser de les occuper à travers les saisons. Toshiro ne s’exprime que par les regards et l’action, son grand-père est à présent courbé, usé par la vie. Pour que son grand-père puisse voir le cerf-volant dans le ciel, Toshiro le conduit devant une flaque d’eau dans laquelle le cerf-volant se reflète.

 

 

 et c’est toute la patience de son grand-père, qui n’attend rien de Toshiro et surtout pas qu’il parle qui vont finir par lui (re)donner la parole. Ils aiment tellement être ensemble et partager que chacun développe pour l’autre des stratégies très poétiques pour rendre les choses de la vie accessibles. Les illustrations sont fines, légères et soulignent la force et l’amour qui unit Toshiro à son grand-père : sur la première double-page, ils ne forment qu’un, cette montagne d’amour se retrouve ensuite dans la forme des paysages. Et on ressent toute la délicatesse dans le dessin des branches de cerisier japonais et les flocons de neige que Toshiro laisse se déposer sur sa langue.

L’écriture de Ghislaine Roman se découvre vraiment, rien n’est artificiel, laissé au hasard. Les mots, les phrases, le rythme, tout est fait pour que l’histoire principale soit "comprise" à la première lecture et que l’on puisse revenir sur le texte et en découvrir toutes les rides, tout ce qui a conduit à ce qui est si simple et évident. La fin de cette histoire est d’une très grande beauté... je vais tenter de vous la suggérer. Quand Toshiro ouvre la bouche, on a le sentiment qu’il souffle de la buée sur une vitre, et c’est quand cette buée disparaît que le dessin apparaît. C’est de cette manière qu’il donne à voir à son grand-père le cerf-volant dans le ciel, en en décrivant les contours, les couleurs, les émotions.

J’ai entendu Ghislaine Roman dire qu’elle était au service des images, tout, absolument tout le dit dans son écriture, c’est dire la force de suggestion de ses mots.

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 133

lili crochette t3 Lili Crochette et Monsieur Mouche - Tome 3 - Sacrilège au p'tit dej'

Auteur : Joris Chamblain ; illustrateur : Olivier Supiot - Les éditions de la gouttière- 2018

Autant vous le dire, il y a une grande passion pour cette toute petite BD à la maison. Quand elle arrive, mon fils Milo de 9 ans 1/2 se précipite dessus, c’est ensuite à mon tour et le soir, je (Lisa, 40 ans un peu tassés) la lui lis dans son lit. Entre les deux, le plus petit Zachary, 3 ans 1/2 commence aussi à réclamer et à rigoler très franchement... mais oui, il nous voit exploser de rire quand on la lit ! C’est dit

 

 

 Elle a un sacré carafon, elle déteste être contrariée : dans cette aventure les sirènes lui ont coulé son p’tit déj, alors elle part le chercher… il y a toujours un lien entre ses affaires et celles de son père et c’est toujours parce qu’elle est têtue comme une mule et d’une mauvaise foi sans nom qu’elle résout son problème de manière toute filoute, en détournant complètement l’autorité de son père et de sa nounou.

Malgré son insolence et son irrévérence, personne ne peut rien lui dire... elle s’en sort magnifiquement parce qu’elle fait tout rentrer dans l’ordre... à sa manière. Tout est absolument savoureux dans cette Bd ! Sur la toute première grande case aux allures d’île paradisiaque, un énorme BEUARK vient s’étaler sur la page, marquant l’impolitesse totale d’Elisabeth. "Ah vous avez coulé mon pudding, hein" hurle-t-elle de mécontentement ! Bien, elle entre dans sa cabane et se transforme en... Lili Crochette accompagné de Monsieur Mouche !

Les dialogues sont délicieux, les onomatopées reflètent à merveille le bruit et le désordre que Lili sème sur son passage, laissant tout le monde, sans voix et sur le carreau ! Les couleurs font mouche aussi : le navire Émeraude est d’un très beau vert émeraude, les fonds marins sont d’un bleu magnifique et le regard tantôt vert tantôt bleu de Lili nous happe littéralement !

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 132

ruby Ruby tête haute

Auteur : Irène Cohen-Janca ; illustrateur : Marc Daniau - Les éditions des éléphants- 2017

C’est l’histoire vraie de Ruby Bridges, l’une des premières enfants noires à intégrer l’école des enfants blancs aux Etats-unis, en 1963. Elle habite en Lousianne et même si depuis 1950 l’idée d’égalité des droits évolue, même si en 1960 la Cour Suprême des Etats-Unis impose la fin de la ségrégation dans les écoles, le racisme est toujours présent et violent.Le livre part d’un tableau de Norman Rockwell (The problem We All Live With), qu’a rencontré Irène Cohen-Janca.

 

 

 elle est racontée par Nora, une enfant. La maîtresse d’école demande à ses élèves ce qu’ils ressentent en voyant ce tableau (de Norman Rockwell). Nora pense et rêve de ce tableau. La maîtresse laisse ses élèves sans réponse et c’est le lendemain qu’elle leur raconte l’histoire de Ruby Bridges, la fillette noire peinte sur le tableau. C’est alors la voix de Ruby Bridges qui sort du livre, son point de vue d’enfant sur les événements qui évidemment lui ont complètement échappés... le jour de la rentrée, elle met sa plus belle robe et monte dans la voiture des policiers, sans poser de questions.

Le livre se referme sur la salle de classe et le rêve de Nora. Toute cette mise en place de l’histoire est très intéressante et cohérente : - On y trouve l’idée de transmission avec l’école, l’importance d’y aller prend tout son sens, comme le devoir de mémoire. Et surtout, la nécessité de laisser imaginer, penser afin que les enfants cheminent et construisent leurs idées seuls. - On y trouve aussi l’idée de la fonction sociale d’une image et la lecture qu’on peut en faire, en fonction de l’époque. -

Adopter le point de vue de Ruby rend le récit totalement accessible aux enfants et permet de mettre en valeur de manière simple et évidente, la bêtise du racisme. La violence n’est pas gommée, mais Ruby n’en prend conscience que tardivement. Cela permet aussi de dire combien l’insouciance de l’enfance et sa foi en l’humanité sont une source d’espoir à entretenir pour l’avenir du monde. -

Les images de Marc Daniau reflètent aussi cette idée : elles sont centrées sur les personnages en mouvement, alors on y sent la vitalité, le dialogue, le partage. La position des bras attire l’œil... Regardez tout ce qu’ils racontent ces bras ! Levés, tranquillement le long du corps ou se balançant énergiquement quand les enfants marchent. A eux seuls, il disent beaucoup du rapport de force, de tranquillité ou d’aplomb entre les personnages. Les couleurs sont chaleureuses et même dans les images les plus sombres, la confiance n’est jamais loin.

A la toute fin du livre, une page simple et bien faite qui répond à nos interrogations, replace l’histoire dans son contexte : la ségrégation aux Etats-unis, Martin Luther King, Norman Rockwell et qu’est devenue Ruby Bridges. Une belle histoire, sacrément bien faite et remplie d’espoirs ! Ouf !

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 130

une histoire damour Une histoire d'amour

Auteur : Gilles Bachelet - éditions Seuil jeunesse- 2017

George et Josette se rencontrent et tombent très vite follement amoureux, c’est l’histoire de leur vie... Une histoire d’amour entre des gants Mapa® il faut quand même y penser, non ? Ils doivent être les seuls à avoir suffisamment de tenue et de plasticité pour permettre les tests en situation avant de pouvoir les dessiner. Les gants des autres marques n’ont pas cette classe-là

 

 

 on y croit : on sourit bêtement quand ils se rencontrent, on est heureux de voir leurs enfants naître, on s’offusque de la goujaterie de Monsieur, on tremblote quand Madame est malade, on...c’est la vie ! La piscine est le lieu de la rencontre de George et Josette : on découvre une théière toboggan, les subtils bonnets de bain sur un doigt de gant, un gant qui pousse l’autre. Dans leur nid d’amour, on devine des escargots sur la tapisserie à l’ancienne, le chien offert est une brosse à récurer, les verres, des dés à coudre, le lit de maternité, un porte-savon.

Les images sont truffées de détails tous très drôles pour leur cocasserie et jubilatoires parce qu’ils font référence à des livres, des films, de l’architecture (la tour de Pise)….d’autres livres de l’auteur qui eux-mêmes nous renvoient à d’autres références et clins d’œils ! ça n’en finit pas, on a de quoi se nourrir ! Le principe-même du livre est de détourner les objets de leur fonction première et d’utiliser leurs caractéristiques pour les rendre crédibles dans leur nouveau rôle : une tétine en plafonnier, un moulin à légumes en manège... et ça marche parce qu’on y croit complètement à cette histoire, on met un peu de temps à s’apercevoir de ces cocasseries, c’est assez fou !

Mais d’abord on rigole parce que ce livre raconte une histoire d’amour entre des gants Mapa®, voilà ! Et il y a une très grande tendresse qui passe dans cette histoire.

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

 

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Plumes de brigands 129

la tribu qui pue La tribu qui pue

Auteur : Elise Gravel et Magali Le Huche - éditions Les fourmis rouges - 2017-

Si tu croyais que les enfants sales étaient bêtes comme leurs pieds… tu vas être déçu. Surtout si tu t’appelles Yvonne Carré

- note de l'éditeur-

 

 

 

 Un petit groupe d’enfants sales qui vivent dans des cabanes de branches avec leurs amis les animaux. Il y a Laurent, le grand garçon aux cheveux rouges et ses deux renards, Lucie avec des tresses et une couleuvre…

Et il y a surtout cette toute petite fille, Fanette Ducoup, la chef qui a sauvé la tribu des griffes d’Yvonne Carré. Car s’il y a bien quelqu’un qui ne supporte pas les enfants de la forêt, c’est Yvonne Carré  ! Déterminée à nettoyer les petits insolents, la directrice de l’orphelinat a tenté par tous les moyens de les attirer dans sa machine à laver. Une mission qu’elle aurait menée à bien si une toute petite fille n’était pas intervenue…

En ce temps où les enfants sont souvent élevés loin de la nature et, sous prétexte de les protéger, avec une autonomie très réduite, qu’il est bon de lire ce texte aussi malin que les enfants qu’il présente, et de contempler les illustrations de Magali Le Huche ! Rigolade, écologie et liberté à tous les étages  ! Merci mesdames.

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 128

mes petits cadeaux Mes petits cadeaux

Auteur : Jo Witek et Christine Roussey - éditions de la Martinière jeunesse- 2017

Dans un style toujours aussi tendre et délicat, ce livre met en scène notre héroïne qui, page à page, nous parle de générosité et de partage  -note de l'éditeur-

 

 

 et offrir !

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 126

quand les groseilles Quand les groseilles seront mûres

Auteur : Joanna Concejo - L'atelier du poisson soluble- 2017

Un ovni ce livre... et surtout tellement de tendresse, de douceur et de chaleur dans le dessin sur la couverture !

C’est l’histoire d’Henri qui a 70 ans qui a désormais "plus de temps" Je cite, parce que c’est si joli : "Oui, Henri avait beaucoup de temps. Un temps infini. Jusque-là, il n’en avait utilisé que soixante-dix années. Et c’était, se disait-il, infiniment peu."

 

 

 elle commence, et on s’arrête un instant au bout de quelques pages, sur la page titre, comme dans les séries télé. Carnet de recherches de dessins et album de photos souvenirs, herbier... on s’arrête longuement sur le voile de la fenêtre soulevé par le vent, comme sur le visage d’Henri, souriant qui fait la sieste. On imagine sa vie, il a été marié ? Il a des enfants ?

Où est tout ce monde ? Ou alors on le suit tranquillement dans son quotidien, paisiblement et on respire avec lui les odeurs de la campagne, on blottit sa tête dans la fourrure de son chat... on y passerait des heures dans ce livre. Je connais un secret d’édition sur ce livre, si joli que je ne le vous dirai pas (oui, vous savez que je suis une affreuse sur les secrets...). En revanche, ce que je sais, c’est que très peu d’éditeurs français publient ces livres-là. Des livres qui ne pourraient pas être autrement, qui sont un vrai travail d’artiste.

L’atelier du poisson soluble est de ceux-là. Je sais aussi que c’est un problème dans l’édition française aujourd’hui : il y a des formats, des séries, des calibres : comme pour les fruits et légumes, si une carotte n’est pas allongée et bien orange, elle ne se vend pas alors on la force avec des produits plus ou moins extraterrestres, à rentrer dans le moule.

On peut comprendre, il y a une drôle de logique de vente, de considération des choses et des gens dans ce monde-là. Mais ce serait bien que ça change... Je sais qu’au Québec, par exemple, les éditions la Pastèque éditent des livres parce qu’ils doivent être comme ça, sans réfléchir à la tranche d’âge, est-ce que ça va se vendre, à quel type de gens ça va plaire...il faut que ça ressemble à ça sinon, les gens ne vont rien comprendre. Bref. Joanna Concejo est cosmopolite et ne s’interdit rien dans ses livres : elle y met de sa vie passée et présente, elle dessine ce qu’elle voit et voit comment son travail évolue pour que l’histoire arrive.

Dans ces images, il y a des crayons extrêmement fins, peu de couleurs, ou si pâles, il y a du scotch et du papier calque... Ses livres sont d’une incroyable sensibilité et d’une infinie délicatesse.

C’est vraiment très beau !

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 125

au commencement Au commencement

Auteur : Henri Meunier ; illustrateur : Vincent Bergier - éditions Seuil jeunesse- 2017

"-13 milliards d’années "Au commencement, il y avait le vide. Youhou ! y a quelqu’un ?" Ainsi démarre ce livre (c’est aussi une phrase récurrente dans un autre livre d’Henri Meunier qui s’appelle Toc, toc, toc, chez Thierry Magnier, qui vaut franchement le détour).

 

 

 ce livre documentaire débute donc en faisant un pied de nez à l’explication catholique de la naissance du monde (Evangile selon Saint-Jean)... ça démarre fort et c’est fort drôle ! Henri Meunier possède l’art de placer des petites blagounettes, l’air de rien qui font rire très sincèrement si on a la référence et qui sont parfaitement compréhensibles pour l’histoire si on ne la possède pas.

C’est tout un art, doublé d’un sens du rythme, de la formule et du dialogue. C’est tout un art et qui plus est, tout, dans ce livre est vrai, on n’apprendra pas de bêtises scientifiques, on désapprend en revanche une explication un peu plus métaphysique.

Et puis, on apprend à se décentrer, parce qu’après les humains, ce sont les fourmis qui sont les reines de la Terre ! La couverture, les couleurs, la mise en page, le ptérodactyle sur les pages de garde, le grain de l’illustration rappellera à certains d’entre nous (pas les plus âgés mais les plus jeunes non plus) les fameux Tout l’univers !

On est donc un album documentaire au format BD qui fait le point sur l’apparition de la vie sur terre et son évolution. Un régal ! Une chouette collaboration entre les deux artistes !

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 124

la bête de mon jardin La bête de mon jardin

Auteur : Gauthier David ; illustrateur : Samuel Ribeyron - éditions Seuil jeunesse- 2017

Le livre s’ouvre sur une double-page tout de noir vêtue avec, simplement, tout en bas à gauche, ce texte énigmatique et pas bien rassurant : "Un soir, elle était là. Dans les buis que l’on voit depuis ma chambre, à la lisière de la forêt, LA BETE"

 

 

 Il fait nuit partout, il y a juste suffisamment de lumière pour imaginer et surtout se faire peur et y prendre un malin plaisir. Il teste son courage et nous avec... après tout, rien ne nous oblige à tourner les pages. On glisse furtivement un œil, notre peur est attisée et protégée par une découpe dans la page toute noire ou bien on s’abrite derrière les rochers. Le petit garçon ne trouve rien, nous non plus, mais LA BETE nous a vus, et la deuxième partie de l’album lui est consacrée... Et c’est de son point de vue à elle que l’histoire nous est racontée. C’est épatant comme ce livre représente habilement par le texte et la mise en page les peurs que nous nous fabriquons, celles que nous sommes capables d’arrêter quand bon nous semble tout en nous disant qu’elles nous dépassent ! La bête de mon jardin est un livre noir (la couverture, les pages), qui nous nous éclaire sur nos peurs !

 

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Lisa Bienvenu

 

 

 

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Plumes de brigands 123

tigre le renard et le tigre

Auteur : Guillaume Olive ; illustrateur : He Zhilong -  les éditions des éléphants  -2017 -

"Ce matin-là, le féroce et redoutable tigre, roi des animaux, s’éveille". Le tigre ouvre un œil, l’autre est bien fermé, signe d’un réveil un peu comateux... peut-être ! L’image contraste légèrement avec le texte ! Signe qu’on est peut-être dans une histoire basée sur un malentendu. HAHAHA ! ça promet.

 

 

 

Aussi adapté en film d’animation, avec la si jolie musique de René Aubry ? Si oui, alors, vous devriez avoir une idée de l’esprit du livre, sinon, regardez le renard et le tigre et puis ensuite le Gruffalo. Vous allez rire ! Quelques mots des illustrations : elles sont faites sur papier de riz, ce papier qui absorbe l’encre d’une manière si particulière. Il en émane une grande douceur et les yeux très arrondis ou en amande des différents animaux attirent particulièrement notre attention exprimant la peur, la malice... ou la bêtise ! Et petite curiosité dans la tourne de page qui rend ce livre assez atypique : il se lit "comme un calendrier".

Le livre se clôt sur ces phrases "Mon maître semblait ravi. Pourtant, tant de chemin restait à parcourir." C’est une ouverture, un chemin vers d’autres aventures. Dans ces grandes expéditions, ce qui compte, c’est bien le chemin parcouru ensemble... Le Mont-Blanc est fascinant, toujours autant, il représente LA montagne, l’esprit montagnard dans l’imaginaire collectif. L’histoire de son ascension a profondément marqué l’histoire de l’alpinisme mondial.

Raconter cette histoire avec quelques mots et finalement peu d’images est un pari assez fou, un peu comme lorsque les illustrateurs se confrontent à l’illustration des contes classiques. On en attend nécessairement beaucoup. Pierre Zenzius a choisi la face nord... l’humour, la simplicité, la poésie. Le ciel final étoilé est splendide. J’espère que ce livre aura une longue vie et que l’auteur en fera d’autres !

Lisa Bienvenu

 

  

 

le pire livre Le pire livre pour apprendre le dessin

Auteur :Antonin Louchard - Seuil jeunesse - 2014

 

Le petit lapin est fichtrement têtu, mais alors comme une mule doublée d’une bourrique. Il est inscrit à un cours de dessin, il n’en a aucune envie, mais alors là, aucune. ça pourrait être compliqué pour son prof, sauf qu’il est encore plus têtu avec un humour féroce.

 

 

pour se moquer, très gentiment de lui avec patience et sourire, tout en lui faisant doucement prendre conscience qu’il est ridicule ? Voilà, ce livre met en boîte : les enfants têtus et peut-être aussi les adultes qui sont particulièrement bienveillants dans le sens le plus pénible du terme... Une répartie à tout rompre des 2 côtés : page de gauche, l’adulte, qu’on ne voit jamais, page de droite, le petit lapin à la mine boudeuse qui répond du tac au tac. Dessin essentiel, rythme de tourne de page efficace (c’est un ping-pong, faut pas oublier !)... terriblement drôle ! Et ça fait du bien de rire ensemble, surtout !

 

 Lisa Bienvenu

 

 Vous pouvez allez lorgner du côté des livres d’Antonin Louchard, ils sont jubilatoires, pour les petits et pour les grands !

 

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Plumes de brigands 122

aristide Aristide Aristote, l’oiseau est ma boussole

Auteur : Alex Cousseau ; illustratrice : Eva Offredo - éditions A pas de loups- 2017

C’est l’histoire d’Eulalie "une vieille dame aux doigts de fourmi" qui a perdu son mari. Un jour, il est parti en mer en laissant ses bottes chez lui. Et puis c’est l’histoire d’Eustache "un marin aux pieds nus", "prisonnier d’une île déserte". 

 

 

 

La dentelle rappelle les napperons, les coiffes des bigoudènes, la finesse, la délicatesse mais aussi la poussière et donc, le temps qui passe. Le bois, matériau à la fois noble et courant dans nos imaginaires, représente la solidité et la légèreté : les bateaux sont faits de bois, on se demande parfois par quel miracle ils flottent sur l’eau... (comme les avions qui volent, c’est mystérieux !)

Le trait du dessin, à la fois "plat" et "sommaire" fait penser aux Arts Premiers d’une manière générale. Et on associe souvent à l’idée d’Arts Premiers, une expression, une représentation du monde essentielle à l’homme. Essentielle et complexe parce qu’elle nous échappe, tant elle est simple.

Le texte est comme une chanson ou un long poème que l’on lit en s’amusant avec les jeux de sonorités des mots et le rythme des phrases. Il est à la fois régulier, comme lorsqu’on entend le bruit des vagues et puis il y a des remous, des ruptures, comme lorsque les vagues s’emballent ou ralentissent. ça nous réveille un peu, on se repose à la lecture parce que c’est joli à dire dans sa tête et à voix haute et puis on est interpellé. On cherche à entrer dans le mystère de la langue et puis on laisse tomber, on se laisse juste emporter par la magie parce qu’on sait que c’est une histoire d’amour qui nous berce.

Alex Cousseau et Eva Offredo nous parlent d’une histoire d’amour, racontée par un oiseau et un chat, entre influences artistiques multiculturelles...

 

 

 

Lisa Bienvenu

 

 

 

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